Le président de la région de Valence refuse de démissionner malgré les pressions liées à la gestion des inondations

Le président de la communauté autonome de Valence, Carlos Mazón, a refusé de démissionner dimanche 10 novembre, au lendemain d’une manifestation rassemblant des milliers de personnes l’accusant d’avoir mal géré la catastrophe des inondations.

EuroEFE avec EURACTIV.com
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Les participants ont été appelés à Valence, la capitale régionale et la province la plus touchée, par des organisations sociales et civiles et des syndicats de gauche, selon El País. Des milliers de personnes ont également défilé à Alicante, une autre ville de la région de Valence, et plusieurs centaines à Madrid. [Aldara Zarraoa/Getty Images]

Le président de la communauté autonome de Valence, Carlos Mazón, a refusé de démissionner dimanche 10 novembre, au lendemain d’une manifestation rassemblant des milliers de personnes accusant l’homme politique de centre droit d’avoir mal géré la catastrophe des inondations.

Plus de 130 000 personnes se sont rassemblées lors d’une manifestation à Valence samedi 9 novembre, pour demander la démission immédiate de Carlos Mazón en raison de sa mauvaise gestion d’urgence des inondations du 29 octobre. Il lui est notamment reproché d’avoir réagi tardivement à la tragédie et de ne pas avoir assuré une coordination efficace.

Le quotidien local Levante El Mercantil Valenciano a rapporté que la banderole principale des manifestations présentait une image de Carlos Mazón (Partido Popular, Parti populaire européen), la tête baissée et portant un gilet de sécurité. D’autres pancartes portaient des slogans tels que « Nous sommes tachés de boue, vous êtes tachés de sang » et « Mazón, démission ».

Les participants ont été appelés à Valence, capitale régionale et province la plus touchée par les inondations, par des organisations sociales et civiles, ainsi que des syndicats de gauche, selon El País.

Des milliers de personnes ont également défilé à Alicante, une autre ville de la région de Valence, et plusieurs centaines à Madrid.

Le parti de gauche Sumar (La Gauche), partenaire du PSOE de Pedro Sanchez dans la coalition gouvernementale, a exigé samedi que le chef du Partido Popular Alberto Núñez Feijóo démette Carlos Mazón de ses fonctions si le chef du gouvernement valencien ne démissionnait pas dans les prochaines heures ou les prochains jours.

« Valence a parlé très clairement [lors de la manifestation de dimanche] », ont écrit les représentants de Sumar sur X.

Malgré les manifestations, toutefois, la vice-présidente du gouvernement régional, Susana Camarero, a rejeté la démission de Carlos Mazón dimanche.

La chaîne publique espagnole RTVE rapporte que Susana Camarero (Partido Popular, PPE) a affirmé soutenir « la douleur » des personnes touchées, mais a insisté sur le fait que la démission du dirigeant régional « n’est pas une option à l’heure actuelle ».

Controverse sur le système d’alerte précoce

Depuis le début de la tragédie, de nombreuses voix se sont élevées pour remettre en question la réponse du gouvernement de Carlos Mazón à la crise. Au cours du week-end, plusieurs médias espagnols ont demandé la révocation de Salomé Pradas, ministre régionale de la Justice et de l’Intérieur, chargée de la gestion des urgences.

Comme l’a reporté RTVE, Salomé Pradas a avoué qu’elle ignorait l’existence d’un service d’alerte par téléphone portable (ES-Alert), en service depuis 2022 et permettant d’avertir la population en cas d’urgence météorologique grave.

Alors que la recherche des disparus, le nettoyage et la reconstruction des zones endommagées se poursuivent, la confrontation politique sur la gestion de la catastrophe entre le gouvernement et le Partido Popular, principale force d’opposition au parlement, s’intensifie.

Le Partido Popular accuse Teresa Ribera

Le Partido Popular a profité de la crise pour blâmer Teresa Ribera, actuelle ministre de la Transition écologique espagnole et future vice-présidente de la Commission européenne pour une Transition propre, Juste et Compétitive. La femme politique socialiste doit être auditionnée par le Parlement européen ce mardi 12 novembre.

Le parti de droite reproche à Teresa Ribera d’avoir été, selon lui, absente aux pires moments de la crise.

Esteban González Pons, secrétaire adjoint du Partido Popular et vice-président du Parlement européen, estime que la candidate « ne mérite pas de représenter l’Espagne à la Commission européenne ».

Dès les premières heures des inondations, des milliers de personnes ont improvisé et organisé l’aide d’urgence aux victimes dans la région de Valence, la plus touchée, ainsi qu’en Castille-La Manche et à Malaga.

Les premiers jours, entre 45 000 et 50 000 volontaires se sont rendus à Valence pour apporter de la nourriture et aider au nettoyage.

Javier Serrano, professeur au département de géographie humaine de l’Université de Valence, a calculé ce chiffre à partir de données recueillies auprès de groupes civiques, d’associations créées après la catastrophe et de bénévoles coordonnés par le gouvernement valencien.

Lundi 4 novembre, le gouvernement espagnol du PSOE et la plateforme de gauche Sumar ont annoncé un premier plan d’aide de 10,6 milliards d’euros pour les quelque 80 municipalités touchées par les inondations dévastatrices.

Ce plan d’aide vise à atténuer les dommages personnels et matériels subis par les habitations et les biens ménagers, les entreprises locales et les établissements industriels, commerciaux et de services.

Le bilan humain et matériel des inondations

Le bilan provisoire des inondations subites s’élevait à 223 morts ce samedi 9 novembre, tandis que les autorités faisaient état d’au moins 78 disparus, ainsi que de nombreux corps n’ayant toujours pas été identifiés.

Au cours du week-end, des dizaines de secouristes — dont des agents de la Garde civile, des pompiers et des membres de l’Unité militaire d’urgence — ont participé à la recherche des disparus dans la réserve naturelle de l’Albufera, au sud de Valence.

« C’est un travail méticuleux, mais nous devons le faire de manière très rigoureuse et en respectant tous les protocoles », a expliqué à EFE le capitaine Sergio Hernandez, responsable des recherches sous-marines.

Sergio Hernandez a indiqué que l’inondation avait emporté « beaucoup de débris et de bois » et qu’ils « combinaient toutes les ressources pour une efficacité réelle », y compris l’utilisation de bateaux, de plongeurs et de drones.

Le Consortium d’indemnisation des assurances a reçu 116 000 demandes d’indemnisation de la part des victimes des inondations, dont 46 % ont déjà été traitées.

Selon le consortium et le gouvernement de Valence, les demandes enregistrées correspondent à 33 852 habitations, 66 067 véhicules à moteur, 6 834 magasins et entrepôts, 509 bureaux, 2 195 bâtiments industriels et 23 bâtiments publics.

Parallèlement, la police espagnole a envoyé six bureaux mobiles dans les zones inondées pour délivrer de nouvelles cartes d’identité aux personnes touchées.

Trois bureaux d’aide aux familles ont été ouverts pour faciliter le signalement des personnes disparues et leur identification ultérieure, notamment dans les municipalités d’Alfafar et d’Algemesí, à Valence.

[Édité par Anna Martino]