Le président du Conseil européen propose d'utiliser les avoirs russes gelés pour les réparations de l'Ukraine

Selon le président du Conseil européen, António Costa, les avoirs russes gelés dans l'UE devraient être utilisés pour financer les réparations de guerre de l'Ukraine.

EURACTIV.com
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Le président du Conseil de l'UE, Antonio Luis Santos da Costa, s'adresse aux médias dans le bâtiment Europa, siège du Conseil de l'UE, le 12 février 2025 à Bruxelles, en Belgique. [Thierry Monasse/Getty Images]

Selon le président du Conseil européen, António Costa, les avoirs russes gelés dans l’UE devraient être utilisés pour financer les réparations de guerre de l’Ukraine.

Les récentes déclarations du président du Conseil européen, mardi, contredisent l’avertissement récent de la Belgique selon lequel la confiscation des fonds constituerait « un acte de guerre ».

« Nous devons veiller à ce que l’agresseur paie pour les actes commis », a déclaré António Costa lors d’un événement organisé par le European Policy Centre à Bruxelles.

« Il est important de protéger ces actifs, de [les] garder sous contrôle, de s’assurer qu’à l’avenir, ils seront utilisés pour payer les réparations (sic) de guerre », a-t-il insisté.

L’ancien Premier ministre portugais a également invoqué des « raisons pratiques » pour conserver les fonds gelés en Europe, en particulier le fait que les bénéfices générés par ces fonds sont actuellement utilisés pour financer un accord de prêt de 50 milliards de dollars (46 milliards d’euros) à l’Ukraine, convenu par les dirigeants du G7 l’année dernière.

« Bien sûr, lors des négociation de paix, nous devrons parler des avoirs gelés », a-t-il déclaré.

Environ 300 milliards d’euros d’actifs de la banque centrale russe ont été gelés en Occident à la suite de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par Moscou en 2022. Près de 190 milliards d’euros d’actifs sont détenus par Euroclear, une chambre de compensation basée à Bruxelles.

Une étude conjointe publiée le mois dernier par la Commission européenne, le gouvernement ukrainien, la Banque mondiale et les Nations unies a estimé que le coût total de la reconstruction de l’Ukraine après la guerre s’élèverait à 506 milliards d’euros au cours de la prochaine décennie.

Les remarques d’António Costa interviennent quelques jours après que le Premier ministre belge Bart De Wever a averti que la confiscation des avoirs rendrait Moscou « furieuse » et poserait « des risques systémiques à l’ensemble du système financier mondial ».

« Saisir des avoirs gelés… c’est un acte de guerre si vous faites cela », a prévenu Bart De Wever à l’issue d’une réunion des dirigeants de l’UE à Bruxelles.

« Et je pense que les Russes seront en colère si vous le faites, et qu’ils ont les moyens de réagir, ce qu’ils prévoient déjà de faire », a-t-il ajouté, notant que la confiscation des avoirs, par opposition à l’utilisation des bénéfices qui en sont tirés, est « extrêmement compliquée sur le plan judiciaire ».

« Cela semble très juste : prendre l’argent, le donner à l’Ukraine pour la reconstruction, semble très juste. Mais nous ne vivons pas dans un monde imaginaire. C’est le monde réel : si vous prenez 200 milliards d’euros à quelqu’un, il faut s’attendre à des conséquences », a seriné le Premier ministre belge.

La saisie des avoirs est fortement soutenue par les États membres d’Europe de l’Est et n’a pas été exclue par la Commission européenne. La Belgique, quant à elle, est soutenue par les Pays-Bas et le Luxembourg pour s’opposer à leur confiscation.