Le président du Conseil européen suppose que Vladimir Poutine est mal informé sur la guerre

Le président du Conseil européen Charles Michel s’est efforcé de faire prendre conscience au président russe Vladimir Poutine des pertes subies par son pays en Ukraine et de l’effet des sanctions lors d’un appel téléphonique vendredi (22 avril).

EURACTIV.com
Belgian Prime Minister Charles Michel visits Moscow
Charles  Michel a également souligné en « termes très clairs » le caractère inacceptable de la guerre menée par la Russie et a détaillé les coûts des sanctions que l’UE impose à la Russie, a indiqué le responsable européen. [Kremlin pool/EPA/EFE]

Le président du Conseil européen Charles Michel s’est efforcé de faire prendre conscience au président russe Vladimir Poutine des pertes subies par son pays en Ukraine et de l’effet des sanctions lors d’un appel téléphonique vendredi (22 avril).

L’appel téléphonique, au cours duquel les deux dirigeants se sont entretenus pendant environ 90 minutes vendredi matin, faisait suite à la visite de M. Michel en Ukraine mercredi.

Lors de son entretien avec M. Poutine, Charles Michel a réitéré la position de l’UE « de manière directe et sans détour », a indiqué un responsable européen.

M. Michel a notamment fait part au président russe de sa vision des erreurs de calcul et des pertes subies par la Russie dans le cadre de la guerre, afin de « pénétrer le vide informationnel qui peut exister autour de M. Poutine ».

Au début de la guerre, M. Poutine avait annoncé qu’il comptait sur ses troupes pour s’emparer rapidement des grandes villes, dont Kiev, et destituer le gouvernement ukrainien.

Au cours des dernières semaines, M. Poutine a répété à plusieurs reprises que la guerre se déroulait « comme prévu », mais avec la perte de plusieurs généraux russes et l’absence de victoire rapide en vue, les experts se sont demandé dans quelle mesure M. Poutine était informé par son propre personnel de la situation de guerre.

En outre, les piètres performances des forces armées russes ont surpris les experts et analystes militaires, qui avaient prédit au début de la guerre que la force militaire massive du pays lui permettrait de remporter une victoire rapide sur l’Ukraine.

M. Michel a également souligné en « termes très clairs » le caractère inacceptable de la guerre menée par la Russie et a détaillé les coûts des sanctions que l’UE impose à la Russie, a indiqué le responsable européen.

M. Michel a exhorté M. Poutine à dialoguer directement avec son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, et a appelé à un cessez-le-feu en Ukraine, selon le responsable européen, qui a ajouté que Kiev avait demandé au président du Conseil européen de transmettre ce message.

Selon le compte rendu du Kremlin, M. Poutine a à son tour indiqué au président du Conseil européen qu’il ne s’entretiendrait directement avec son homologue ukrainien que si les discussions en cours entre les deux pays aboutissaient à des résultats concrets.

M. Poutine a déclaré à M. Michel que Kiev montrait qu’elle n’était pas prête à chercher des solutions mutuellement acceptables et a accusé la partie ukrainienne d’être « incohérente » dans les négociations.

M. Michel a également appelé à un cessez-le-feu à l’occasion de la Pâques orthodoxe qui approche et à un accès sécurisé pour les civils qui cherchent à quitter les villes assiégées telles que Marioupol.

« Il a également appelé à un cessez-le-feu à l’occasion de la Pâques orthodoxe qui approche et à un accès humanitaire immédiat et sécurisé pour les civils cherchant à quitter les villes assiégées, comme Marioupol », a-t-il écrit sur Twitter après l’appel.

L’Ukraine a accusé les forces russes de ne pas respecter un accord de cessez-le-feu local permettant aux femmes, aux enfants et aux personnes âgées de fuir la ville assiégée.

Les Nations unies estiment que cinq millions de personnes ont fui l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe.

M. Michel a déclaré avoir « réitéré fermement la position de l’UE : soutien à l’Ukraine et à sa souveraineté, condamnation et sanctions pour l’agression de la Russie. »

Au-delà de l’Ukraine, l’appel téléphonique a également permis de discuter des efforts de médiation entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan au sujet du territoire du Haut-Karabakh.

Une réunion entre le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev et le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan avait eu lieu au début du mois à Bruxelles, sous la médiation de M. Michel.

Toutefois, ces dernières semaines, la Russie s’est également efforcée de revaloriser son rôle dans le règlement du conflit du Haut-Karabakh, M. Pashinyan et M. Poutine ayant récemment convenu d’intensifier la coopération tripartite entre l’Arménie, la Russie et l’Azerbaïdjan.

Selon un communiqué publié à l’issue de cette rencontre bilatérale, ils n’ont pas discuté du prétendu « traité de paix » négocié à Bruxelles.