Le président italien et le pape interviennent dans le débat sur l'immigration
Le président de la République italienne, Sergio Mattarella, et le pape François sont intervenus pour calmer les eaux entre les États membres, alors que Bruxelles ne parvient pas à trouver un accord sur la migration.
Le président de la République italienne, Sergio Mattarella, et le pape François sont intervenus pour calmer les eaux entre les États membres, alors que Bruxelles ne parvient pas à trouver un accord sur la migration.
Après que le navire Ocean Viking, de l’ONG Sos Méditerranée, a accosté au port de Toulon en France, où il a débarqué 234 migrants, une crise diplomatique a éclaté entre Rome et Paris, entraînant le renforcement des contrôles aux frontières françaises et la menace par le ministre de l’Intérieur Gérald Darminin de « conséquences extrêmement graves ».
La Première ministre italienne Giorgia Meloni, qui rencontrera plusieurs chefs d’État lors du sommet du G20 à Bali mardi (15 novembre), a laissé M. Mattarella prendre les rênes sur la question des migrants.
La diplomatie de M. Mattarella semble avoir calmé les eaux, suggère le communiqué commun publié par les deux présidences, le Quirinal et l’Élysée.
Les deux présidents, lit-on dans la note, se sont entretenus par téléphone et, au cours de la conversation, ont convenu de la grande importance des relations entre l’Italie et la France, partageant la nécessité de conditions de pleine coopération dans tous les secteurs, tant au niveau bilatéral qu’au sein de l’UE.
Quelques jours auparavant, lors d’une visite d’État à Maastricht, M. Mattarella avait appelé à travailler « afin que les principes de coordination et de responsabilité partagée entre les États membres guident la réponse commune à un phénomène décisif pour nos propres perspectives de croissance ».
Dans ce cadre diplomatique complexe, le pape est intervenu pour défendre ce qu’il considère comme étant les premières vraies victimes de l’immigration clandestine : les migrants.
« La migration forcée, pour fuir les guerres, la faim, les persécutions ou le changement climatique, est l’un des grands maux de notre époque, que nous ne pourrons combattre à la racine qu’en assurant un véritable développement dans chaque pays », a déclaré le pape.
Des accents conciliants à Bruxelles
Le ministre des Affaires étrangères et vice-premier ministre Antonio Tajani, de Forza Italia (droite, affilié au PPE), a participé au Conseil des Affaires étrangères à Bruxelles, où, représentant l’Italie, il a soulevé la question des migrants et l’urgence d’adopter des règles européennes communes.
« Les propos tenus aujourd’hui n’étaient pas de rupture. Il me semble qu’il y avait la volonté de tous de chercher et de trouver une solution européenne » sur les migrants, a déclaré Tajani.
Concernant le dossier diplomatique avec la France, le ministre a fait état d’« accents positifs » avec son homologue française Catherine Colonna et a précisé que l’Italie ne veut pas ouvrir de polémique contre la France et l’Allemagne.
Si un autre navire devait arriver en Italie, M. Tajani a déclaré que la conduite à tenir serait évaluée « au cas par cas ». « Commençons par garder les règles qui sont là, en attendant des meilleures », a-t-il dit à propos des accords sur les relocalisations.