Le président polonais entame des discussions avec les partis pour la formation d'un nouveau gouvernement

Le président polonais Andrzej Duda entamera des consultations avec les partis pour former un nouveau gouvernement après que les élections de dimanche ont abouti à une fusion de l’opposition ayant obtenu de meilleurs résultats que le parti au pouvoir, Droit et Justice (PiS).

EURACTIV Pologne
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Selon certains hommes politiques de l’opposition, M. Duda aurait dû nommer immédiatement M. Tusk au poste de Premier ministre, étant donné que les trois alliances de l’opposition ont obtenu ensemble plus de voix que le PiS lors des élections. [[Shutterstock/Fotokon]]

Le président polonais Andrzej Duda entamera des consultations avec les partis pour former un nouveau gouvernement après que les élections de dimanche ont abouti à une fusion de l’opposition, qui a obtenu de meilleurs résultats que le parti au pouvoir, Droit et Justice (PiS).

La Plateforme civique (PO) de Donald Tusk, le parti centriste Troisième voie et la Gauche se disent prêts à former un nouveau gouvernement.

En effet, Andrzej Duda est confronté à un dilemme : soit il nomme Donald Tusk au poste de Premier ministre, soit il confie au Premier ministre sortant, Mateusz Morawiecki, le soin de former un nouveau cabinet.

Toutefois, M. Duda a finalement opté pour un compromis.

« La semaine prochaine, le président invitera toutes les commissions, une par une, à des consultations sur la première étape (de la nomination du nouveau gouvernement) », a déclaré le conseiller du président, Marcin Mastalerek, à la radio privée Radio ZET.

En vertu de la constitution polonaise, le chef de l’État est tenu de nommer le Premier ministre, ainsi que les autres membres du Conseil des ministres, dans les 14 jours suivant la première séance de la chambre basse du Parlement, la Diète de la république de Pologne, qui devrait avoir lieu à la mi-novembre.

Toutefois, le président n’est pas tenu de prendre en compte les résultats des élections. Même si l’un des partis d’opposition avait obtenu les meilleurs résultats aux élections, M. Duda pourrait nommer M. Morawiecki, du PiS, dont le gouvernement serait encore légitimement au pouvoir malgré les élections.

Certaines personnalités politiques de l’opposition ont toutefois critiqué la décision du président.

Selon eux, M. Duda aurait dû nommer immédiatement M. Tusk au poste de Premier ministre, étant donné que les trois alliances de l’opposition ont obtenu ensemble plus de voix que le PiS lors des élections.

M. Tusk a été Premier ministre entre 2007 et 2014 avant d’être nommé président du Conseil européen, poste qu’il a occupé jusqu’en 2019.

Nomination controversée de juges

Par ailleurs, M. Duda a également été critiqué pour avoir nommé 72 nouveaux juges le jour de l’annonce des résultats officiels des élections. Nombre de ces juges sont étroitement liés à Zbigniew Ziobro, ministre de la Justice très controversé et hostile à l’UE, et chef du parti « Pologne souveraine », qui s’est séparé du PiS mais est resté son partenaire de coalition jusqu’à la fin du gouvernement précédent.

De nombreux experts estiment que la décision de M. Duda vise à aider le PiS en garantissant le maintien de son influence sur le système judiciaire. Au cours de ses huit années au pouvoir, le PiS a adopté plusieurs réformes judiciaires controversées qui, selon la Cour de justice de l’UE, ont porté atteinte à l’État de droit dans le pays.

M. Tusk a promis depuis longtemps de revenir sur ces réformes s’il revenait au pouvoir, de rétablir l’indépendance du système judiciaire polonais et de bonnes relations avec la Commission européenne.

Selon les experts, la décision de M. Duda de nommer de nouveaux juges pourrait être contre-productive en ce qui concerne les chances de la Pologne de recevoir enfin des fonds de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR) de la Commission européenne, qui ont été gelés en raison de préoccupations relatives à l’État de droit.

M. Tusk et sa Coalition civique pensent pouvoir se mettre d’accord avec Bruxelles et convaincre la Commission de débloquer l’argent réservé à la Pologne dans le cadre du FRR.