Le retour de l'ancien premier ministre secoue la Croatie

L'ancien premier ministre croate Ivo Sanader, qui avait brutalement quitté la scène politique il y a plus d'un an, a étonnamment demandé au parlement de lui rendre son siège jeudi dernier (14 octobre), déclanchant une vague de critiques.

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L'ancien premier ministre croate Ivo Sanader, qui avait brutalement quitté la scène politique il y a plus d'un an, a étonnamment demandé au parlement de lui rendre son siège jeudi dernier (14 octobre), déclanchant une vague de critiques.

La première ministre Jadranka Kosor, qui a succédé à M. Sanader au poste de leader du parti de centre-droit HDZ (Union démocratique croate) a déclaré que sa tentative de retour à la politique était une manière de tenter de renverser le gouvernement et de provoquer le chao à un moment décisif pour l'accession du pays à l'UE, a déclaré l'agence croate HINA.

M. Sanader  avait subitement démissionné en juillet 2009 au milieu de son second mandat. Il n'avait pas donné d'explications quant à son départ. Mme Kosor avait expulsé M. Sanader du HDZ.

Avant de revenir en Croatie le 3 octobre, M. Sanader était maître-assistant au Harriman Institute de l'Université de Columbia à New York.

M. Sanader avait remporté son siège au parlement lors des élections de 2007 mais ce siége était occupé par un membre du parti dirigeant dans la mesure où il siégeait en tant que premier ministre.

Les experts pensent que M. Sanader a deux raisons de retourner en politique : soit il essaye en effet de renverser le gouvernement de Jadranka Kosor, soit il tente d'obtenir une immunité temporaire pour les crimes dans lesquels il aurait été impliqué lors de son mandat de premier ministre.

M. Sanader a été interrogé en début de semaine sur les circonstances de l'acquisition par la société hongroise MOL d'une participation majoritaire dans la société pétrolière croate INA.

Certains des plus proches assistants de l'ancien premier ministre ont été placés en détention et accusés de corruption. Les médias locaux supposent que ces arrestations pourraient être un signal présageant des charges imminentes contre M. Sanader.

Après la démission de M. Sanader, Mme Kosor a lancé une campagne contre la corruption, ce qui a suscité les louanges de l'Union européenne que la Croatie espère rejoindre bientôt.

Mercredi prochain, la commission  des crédits et privilèges parlementaires évaluera la requête de M. Sanader pour établir si oui ou non celle-ci est conforme à la loi.

Ensuite, la commission devrait informer le parlement de sa décision qui devra être approuvée en séance plénière.