Le Royaume-Uni empêche l'UE d'avancer sur son objectif de 200 milliards d'euros pour le FMI

Hier (19 décembre), les ministres européens des finances ne sont pas parvenus à leur objectif qui était d'augmenter les ressources du FMI de 200 milliards d'euros pour enrayer la crise de la dette, après que la Grande-Bretagne a déclaré qu'elle ne participerait pas à un projet visant à aider les pays de la zone euro en particulier.

EURACTIV.com / Reuters
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Hier (19 décembre), les ministres européens des finances ne sont pas parvenus à leur objectif qui était d'augmenter les ressources du FMI de 200 milliards d'euros pour enrayer la crise de la dette, après que la Grande-Bretagne a déclaré qu'elle ne participerait pas à un projet visant à aider les pays de la zone euro en particulier.

Lors d'une conférence téléphonique de trois heures, les ministres ont également envisagé différentes options visant à renforcer les règles budgétaires de la zone euro dans le cadre du nouveau « pacte budgétaire » qui, ils l'espèrent, devrait permettre d'empêcher une nouvelle crise de la dette à la zone euro.

Les ministres s'étaient fixé la date butoir informelle de lundi pour arriver au chiffre de 200 milliards d'euros décidé par les dirigeants européens lors du sommet des 8 et 9 décembre derniers.

« Les ministres ont confirmé hier que dans le cadre d'un effort international visant à améliorer l'adéquation des ressources du FMI, les Etats membres de la zone euro apporteront 150 milliards d'euros de ressources supplémentaires, par le biais de prêts bilatéraux, au compte des ressources générales du fonds », a déclaré le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

Il a expliqué que ce montant serait partagé entre les Etats membres de la zone euro en fonction des quotes-parts résultant de la réforme de 2010.

D'autres membres hors de la zone euro veulent participer

Le Danemark, la République tchèque, la Pologne et la Suède ont indiqué leur souhait de prendre part au processus de renforcement des ressources du FMI et le Royaume-Uni a déclaré qu'il définirait sa contribution au début de l'année prochaine dans le cadre du G20.

Pour certains Etats membres, cet engagement sera sujet à l'approbation de leur parlement national, a déclaré M. Juncker.

L'accroissement des ressources du FMI est considéré comme un pilier d'une stratégie sur plusieurs fronts visant à renforcer la protection de la zone euro et à bâtir de meilleures défenses pour l'avenir. L'autre pilier consiste à rendre l'actuel fonds de sauvetage de la zone euro, le FESF, plus flexible dans sa manière d'enrayer la crise.

Le mécanisme de stabilité

Les ministres européens des finances ont également abordé la question du fonds de sauvetage permanent de la zone euro, la Finlande n'étant pas satisfaite des projets visant à affaiblir la règle de l'unanimité sur la gestion du mécanisme européen de stabilité.

L'opposition de la Finlande, si elle n'est pas surmontée, pourrait empêcher le MES d'entrer en vigueur en juillet 2012, soit un an plus tôt que prévu.

Le débat s'est toutefois surtout concentré sur l'accroissement des ressources du FMI, dans la mesure où les ministres craignent que le FESF ne s'avère insuffisant pour gérer les problèmes de dettes de la zone et qu'il ne puisse pas tenir bon jusqu'à la mise en oeuvre du mécanisme permanent.

Même si les dirigeants européens se sont mis d'accord lors de leur dernier sommet sur leur souhait d'augmenter les ressources du FMI, l'incertitude demeure sur la probabilité que ce système fonctionne, dans la mesure où la Grande-Bretagne se montre peu enthousiaste, tout comme les Etats-Unis et la Bundesbank allemande.

S'exprimant au Parlement européen alors que les ministres des finances étaient au téléphone hier, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a salué les efforts de l'UE pour mettre en place un « pacte budgétaire » afin de répondre à la crise et a qualifié l'euro de projet « irréversible ».