Le Royaume-Uni en route vers les élections générales du 6 mai

Le premier ministre Gordon Brown annoncera ce matin la tenue d'élections parlementaires le 6 mai dans son pays, qui pourrait déboucher sur la défaite de son parti, le Labour, après 13 ans au pouvoir.

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Le premier ministre Gordon Brown annoncera ce matin la tenue d'élections parlementaires le 6 mai dans son pays, qui pourrait déboucher sur la défaite de son parti, le Labour, après 13 ans au pouvoir.

M. Brown rencontrera la Reine à Buckingham Palace aujourd'hui (6 avril) pour demander la dissolution du Parlement, selon une source proche du Labour, une formalité qui marquera le début d'une campagne d'un mois pour l'une des élections les moins prévisibles de ces deux dernières décennies.

Les Conservateurs sont devant le Labour dans les sondages d'opinion, mais l'écart s'est resserré. Un sondage ICM paru dans le Guardian aujourd'hui montre que le Labour est seulement à 4 points derrière les Conservateurs et qu'il reste dans la course pour demeurer le parti le plus important, même sans une majorité absolue.

Le soutien en faveur des Conservateurs est très inégalement réparti entre les 650 circonscriptions parlementaires, ce qui signifie que le Labour pourrait remporter le plus grand nombre de sièges même s'il ne capte pas le plus grand nombre de votes au niveau national.

Des résultats électoraux non tranchés sont rares et constituent un scénario catastrophe pour les marchés financiers, qui souhaitent une issue claire et la promesse d'actions significatives pour réduire le déficit budgétaire qui se monte à presque 12 % du PIB.

En cas d'échec des deux principaux partis à s'assurer la majorité, cela donnerait un rôle pivot aux Démocrates libéraux, qui vont essayer de conserver un groupe d'environ 60 parlementaires au Parlement.

L'économie, sujet central de campagne

La manière dont il convient de gérer une économie qui se remet lentement de la pire récession depuis la Seconde guerre mondiale devrait être le thème central de cette campagne, avec des questions liées comme le meilleur moyen de gérer les services publics en ces temps de disettes (EURACTIV 30/03/10).

Le Labour affirme que M. Brown a conduit le pays à travers une période économique turbulente et que donner les rênes du pays maintenant à une opposition inexpérimentée pourrait compromettre la reprise.

Les habitants de ce pays se sont battus avec trop de force pour remettre le Royaume-Uni sur la voie de la reprise pour laisser quiconque renvoyer le pays sur le chemin de la récession, devrait dire M. Brown dès son retour de Buckingham Palace.

Les Conservateurs, dirigés par un ancien chargé de relations publiques, David Cameron, ont depuis longtemps affirmé qu'ils réduiraient davantage et plus vite le déficit que le Labour, mais ils ont promis dernièrement d'exempter la plupart des travailleurs de l'augmentation de l'impôt sur les salaires prévue par le Labour dès 2011.

Cette initiative a été applaudie par les groupes d'entreprises, qui sont des soutiens traditionnels des Conservateurs, tandis que le Labour a crié au scandale, affirmant que les projets des Conservateurs n'apportaient aucun bénéfice.

Nous sommes engagés dans ces élections pour faire entendre la voix des "Grands ignorés". Les jeunes, les personnes âgées, les riches, les pauvres, les blancs, les noirs, les gays, les hétéros, a déclaré M. Cameron dans un communiqué, montrant à quel point il avait essayé de rendre son parti plus ouvert.

Le Parlement sortant, qui a été en fonction pendant cinq années pleines, a enduré le scandale des dépenses de frais des parlementaires, à l'origine de la colère des Britanniques. Pas moins de 150 membres du Parlement ont démissionné, et beaucoup ont vu leur réputation ternie par ce scandale.

Les trois principaux partis ont été touchés et certains analystes s'attendent à ce que les partis aux extrêmes et les candidats indépendants arrachent des voix supplémentaires lors de ces élections.

Une innovation dans la politique britannique va également rajouter du piment : des débats télévisés en direct entre MM. Brown, Cameron et Nick Clegg (démocrate libéral).

(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV).