Le Royaume-Uni et l’Espagne progressent vers un accord sur Gibraltar
Les responsables du Royaume-Uni, de Gibraltar et de l’Espagne continuent de progresser vers un accord sur le statut de Gibraltar, à l’issue de la dernière série de discussions qui s’est tenue à Londres entre des représentants en charge du dossier et ceux de la Commission.
Les responsables du Royaume-Uni, de Gibraltar et de l’Espagne continuent de progresser vers un accord sur le statut de Gibraltar, l’enclave rocheuse située à l’extrémité sud de l’Espagne, à l’issue de la dernière série de discussions qui s’est tenue à Londres entre des représentants en charge du dossier et ceux de la Commission européenne jeudi et vendredi (26 et 27 janvier).
L’Espagne et le Royaume-Uni négocient actuellement l’accord qui régira les relations de l’UE avec Gibraltar après le Brexit et ce depuis qu’un préaccord a été conclu fin décembre 2020, quelques heures seulement après la conclusion de l’accord de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne.
Début janvier, le Premier ministre de Gibraltar, Fabian Picardo, a déclaré que la principale priorité concernait les accords sur l’immigration et la circulation des marchandises.
Un accord de principe a été conclu entre le Royaume-Uni et l’Espagne à la fin de l’année dernière, aux termes duquel la « mobilité maximale et illimitée des personnes entre Gibraltar et l’espace Schengen », la suppression de la barrière à la frontière terrestre et le transfert des contrôles douaniers à l’aéroport et au port de Gibraltar seront conditionnés par la présence de policiers espagnols et gibraltariens. Cette présence sera supervisée par Frontex, l’agence européenne des frontières, pendant quatre ans.
La frontière entre l’Espagne et Gibraltar est franchie chaque jour par 15 000 travailleurs, dont 11 000 Espagnols, selon les chiffres du Cross Frontier Group, une organisation composée d’entreprises et de syndicats.
Les relations entre Gibraltar et l’Espagne ont fonctionné sur la base d’arrangements ad hoc, et il n’y a pas de date limite pour la conclusion d’un accord sur un nouveau traité.
Cependant, des élections générales sont prévues cette année en Espagne et à Gibraltar ; il y a un sentiment d’urgence à progresser ; les analystes politiques estiment que le Parti populaire conservateur et le parti nationaliste Vox seraient beaucoup plus belliqueux sur le statut du Rocher que le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez.
Le parti espagnol d’extrême droite Vox a déjà appelé à la fermeture de la frontière avec Gibraltar.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares (Parti socialiste ouvrier espagnol, PSOE), a déclaré que les négociations « ne peuvent pas durer éternellement », incitant ainsi Gibraltar à élaborer des plans d’urgence pour un accord non négocié.
Cross Frontier Group s’est dit préoccupé la semaine dernière par le fait que « l’état actuel des choses sur cette question et l’incertitude causée par les nouvelles contradictoires émanant du processus de négociation soumettent les citoyens de notre région à un stress qui, selon nous, devrait cesser immédiatement ».
Il a également demandé « le démantèlement du poste-frontière pour les citoyens et les marchandises » dans une lettre commune adressée aux négociateurs.
« Nous travaillons de manière intensive à la conclusion d’un accord qui puisse contribuer à garantir la prospérité future de Gibraltar et de la région », a déclaré un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères à EURACTIV. Et d’ajouter que « le soutien du Royaume-Uni à l’égard de Gibraltar reste inébranlable et qu’il n’acceptera rien qui puisse compromettre la souveraineté ».
[Édité par Anne-Sophie Gayet]