Le scandale des « vacances » secoue le gouvernement français
Cela fait maintenant deux semaines que la ministre française des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, subit des pressions pour rendre sa démission après avoir utilisé le jet d'un homme d'affaires tunisien lors de ses vacances. Hier (8 février), c'était au tour du premier ministre, François Fillon, de faire face à des accusations selon lesquelles il aurait accepté l'hospitalité d'un fonctionnaire égyptien au cours d'un voyage privé.
Cela fait maintenant deux semaines que la ministre française des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, subit des pressions pour rendre sa démission après avoir utilisé le jet d'un homme d'affaires tunisien lors de ses vacances. Hier (8 février), c'était au tour du premier ministre, François Fillon, de faire face à des accusations selon lesquelles il aurait accepté l'hospitalité d'un fonctionnaire égyptien au cours d'un voyage privé.
Mardi, François Fillon a admis avoir pris des vacances en Egypte, pendant lesquelles il aurait fait une croisière sur le Nil partiellement financée par les autorités égyptiennes, peu avant le soulèvement populaire contre le président Hosni Moubarak.
Confronté à des appels au renvoi de sa ministre des affaires étrangères pour avoir pris des vacances en Tunisie pendant le soulèvement populaire du mois dernier, M. Fillon a admis avoir fait un voyage en Egypte, apparemment dans le but d’éviter toutes autres allégations embarrassantes concernant les relations de la France avec les dirigeants nord-africains dans la tourmente.
M. Fillon a déclaré que sa famille et lui-même avaient été hébergés par les autorités égyptiennes pendant un voyage du 26 décembre au 2 janvier. Un entretien de 30 minutes a eu lieu avec M. Moubarak, le dirigeant autoritaire de longue date que les manifestants exhortent désormais à démissionner, suite à la révolte qui a forcé son collègue Zine al-Abidine Ben Ali à quitter la Tunisie.
Dans une déclaration, M. Fillon a affirmé qu’il avait décidé de donner les détails de ses vacances dans l’intérêt de la transparence. Il a déclaré que les forces armées françaises lui avaient facturé le vol vers l’Egypte et que l’Etat français avait payé pour les hôtels et le personnel de sécurité.
« Le premier ministre a été hébergé par les autorités égyptiennes », pouvait-on lire dans la déclaration, effectuée peu avant que des extraits d’un article en première page d'un journal hebdomadaire sur ce sujet ne soient communiqués aux médias.
M. Fillon, marié à une Galloise et père de cinq enfants, a également pris un avion gouvernemental entre Assouan et le site du temple antique d’Abou Simbel dans le sud de l’Egypte.
Le gouvernement de centre-droit du président Nicolas Sarkozy, sur la défensive au sujet de son manque de réactivité sur les évènements tunisiens, s’est efforcé pendant toute la semaine dernière de déjouer les demandes de renvoi de la ministre des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie au motif des vacances qu’elle a pris dans l’ancienne colonie française avec son partenaire, ministre lui aussi, à la fin du mois de décembre.
M. Sarkozy a reconnu à la fin du mois dernier que la France, comme beaucoup d’Etats, avait sous-estimé les évènements tunisiens qui ont inspiré le plus grand soulèvement dans le monde arabe, et que l’ambassadeur français à Tunis avait été remplacé.
Les politiciens de l’opposition exigent la démission de Mme Alliot-Marie au motif de son voyage, lors duquel son partenaire, ses parents et elle-même ont pris des vols dans un avion d’affaires tunisien.
Son gouvernement et elle-même sont également visés puisqu’il a été révélé que la France avait autorisé l’exportation de gaz lacrymogènes à l’apogée de la répression des manifestants par la police, et que Mme Alliot-Marie aurait proposé le savoir-faire anti-émeutes français à Tunis.
Les révélations contre Mme Alliot-Marie et M. Fillon venaient de l’hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné, qui jouit d’une forte réputation de journalisme d’investigation.
(EURACTIV avec Reuters.Article traduit de l'anglais par EURACTIV)