Le secrétaire d’État américain Antony Blinken demande aux membres de l’OTAN d’optimiser leurs dépenses militaires
En visite au siège de l’OTAN à Bruxelles mercredi 13 novembre, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a estimé que les dépenses militaires des membres de l'Alliance devaient se concentrer sur certains secteurs prioritaires.
En visite au siège de l’OTAN à Bruxelles mercredi 13 novembre, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a estimé que les dépenses militaires des membres de l’Alliance devaient se concentrer sur certains secteurs prioritaires.
Après avoir rencontré le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, Antony Blinken a déclaré : « L’alliance a beaucoup de travail pour continuer à renforcer sa base industrielle de défense et s’assurer que les dépenses sont concentrées sur les capacités nécessaires ».
Une petite phrase qui souligne en creux que l’enjeu est de se fournir avec le meilleur équipement possible et qui pose la question du lieu où celui-ci doit être acheté.
Pour Washington, l’affaire est entendue, les Européens doivent augmenter leurs dépenses, mais se procurer des équipements de l’autre côté de l’Atlantique. Une idée qui ne devrait pas déplaire à Donald Trump.
Les intérêts des États-Unis sur la question se heurtent pourtant aux mesures prises par la Commission européenne. Celle-ci souhaite promouvoir des achats au sein de l’Union européenne (UE), grâce à un programme financier destiné à soutenir l’industrie européenne de la défense (EDIP).
L’augmentation de la production de matériel militaire est devenue une priorité politique depuis que la Russie a attaqué l’Ukraine, il y a deux ans et demi. Les gouvernements du continent européen ont aussi promis d’investir pour reconstituer leurs stocks et être prêts en cas de guerre.
Se pose également la question des équipements qui sont les plus indispensables et selon les diplomates de l’OTAN, les systèmes de défense aérienne, les missiles, les munitions et les chars — c’est-à-dire les produits consommables — figurent en bonne place sur la liste.
Mais où se fournir ? Certains États comme la France ou les États-Unis préfèrent s’approvisionner auprès de leurs industries nationales. Les capitales de l’Est et les pays scandinaves ont tendance à se tourner vers les États-Unis ou vers les pays qui peuvent produire très rapidement ce dont ils ont besoin.
Le futur commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, envisage de s’aligner sur l’OTAN en ce qui concerne les principales priorités en matière de sécurité, selon ses déclarations dans un entretien accordé à Euractiv.
Une chose est sûre, les Européens ne peuvent à eux seuls produire suffisamment d’armes pour ne plus dépendre des États-Unis ou d’autres pays.
La visite d’Antony Blinken est la première de l’administration de Joe Biden après la victoire de Donald Trump à la présidentielle.
Selon les médias américains, ce dernier devrait nommer Marco Rubio au poste de secrétaire d’État. Le sénateur de Floride est connu pour ses positions très dures contre la Chine et l’Iran. Pete Hegseth, un vétéran de la Garde nationale très septique à l’égard de l’Alliance atlantique, a été choisi au poste de secrétaire à la Défense.
Les mesures rassurantes de l’OTAN
Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a suscité des interrogations chez les alliés des États-Unis au sein de l’OTAN. Lors de sa campagne, le républicain avait laissé entendre que Washington n’aiderait pas les pays européens qui feront face à des attaques militaires si ces derniers ne consacraient pas un budget suffisant à leur défense.
Les membres de l’OTAN doivent allouer au moins 2 % de leur PIB à la défense, mais tous n’atteignent pas cet objectif. Les alliés militaires « doivent faire plus en termes de dépenses », a encore déclaré Mark Rutte, le tout nouveau secrétaire général de l’OTAN. Actuellement, 23 des 32 membres atteignent cet objectif.
L’année dernière, les républicains ont également bloqué pendant des mois l’attribution d’une aide militaire à l’Ukraine. Donald Trump a déclaré qu’il pourrait mettre fin à la guerre en 48 heures, ce qui inquiète les partisans de Kiev, qui craignent qu’une telle décision ne donne l’avantage à la Russie.
Les alliés et les dirigeants de l’OTAN se sont efforcés ces derniers mois d’obtenir un soutien pour l’Ukraine, de charmer les républicains en faisant état de l’augmentation des dépenses de défense, et de souligner l’importance de l’Alliance pour les États-Unis.
Dans ce contexte, Mark Rutte a souligné que les essais de missiles de la Corée du Nord « constituent une menace non seulement pour la partie européenne de l’OTAN, mais aussi pour les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon ».
Les 32 ministres des Affaires étrangères de l’OTAN se réuniront à Bruxelles les 4 et 5 décembre, dernière réunion de haut niveau avant l’entrée en fonction de l’administration républicaine.
[Édité par Laurent Geslin]