Le secteur de l’énergie souhaite des règles plus claires pour un marché européen plus stable

Réunis le temps d’un colloque, les professionnels de l’énergie ont demandé des règles permettant de lutter contre une dérégulation sauvage du marché de l’énergie et la juxtaposition de vingt-sept marchés européens.

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Réunis le temps d’un colloque, les professionnels de l’énergie ont demandé des règles permettant de lutter contre une dérégulation sauvage du marché de l’énergie et la juxtaposition de vingt-sept marchés européens.

A l’occasion d’un colloque, mardi 9 décembre à l’université Paris-Dauphine, des acteurs de l’industrie énergétique ont appelé à une plus grande stabilité du secteur de l’énergie, alors que celui-ci est actuellement touché par une très grande volatilité due à la crise financière.

«Notre problème, c’est de comprendre pour agir», a souligné le PDG du groupe GDF SUEZ, Gérard Mestrallet. «Il faut éviter de refaire l’erreur que la Commission européenne a faite il y a dix ans : libéraliser les marchés avant de réfléchir», a-t-il poursuivi. Aussi a-t-il plaidé pour que les États aident les industriels à connaître les risques encourus. «Les investissements que nous faisons vont durer très longtemps», a-t-il plaidé, affirmant que la crise ne durerait pas éternellement.

Unbundling: «Trop de temps perdu»

Il a ainsi réclamé des mesures stables, critiquant la «juxtaposition» de vingt-sept marchés en Europe, les États ayant chacun leurs propres règles. «Il faut se garder d’une dérégulation sauvage», a-t-il affirmé, fustigeant au passage le processus de séparation patrimoniale («unbundling»), qui n’apporte «pas grand-chose» dans le domaine de l’efficacité des marchés, et sur lequel la France a perdu «beaucoup trop de temps». Il a réclamé une fixation rapide des règles en matière de CO2 à partir de 2012, faisant implicitement allusion à la deuxième phase du protocole de Kyoto.

Une nécessaire stabilité qui, pour le directeur général de la direction des entreprises à Bercy, Luc Rousseau, passe par une relative planification. «En France, a-t-il indiqué, il existe une loi qui permet de planifier la production d’énergie.» La programmation pluriannuelle des investissements de production (PPI), instaurée par une loi de février 2000, fixe, pour dix ans, les objectifs en matière de répartition des capacités de production par sources d’énergie primaire, par technique de production et par zones géographiques. «Faut-il porter ce débat au niveau européen?», s’est-il interrogé.

Des marchés tendus en 2030

Eric Dyevre, de la Commission de régulation de l’énergie, a pour sa part jugé que l’Agence de coopération des régulateurs de l’énergie (ACER), proposée dans le troisième paquet énergie en septembre 2007 et destinée à contrôler la coopération énergétique transfrontalière, pourrait constituer l’embryon d’un régulateur européen. Cependant, «les États membres ne peuvent pas réguler l’énergie comme ils le feraient dans tous les autres secteurs», a-t-il averti.

Il a notamment souligné les trois «spécificités» de ce marché : le caractère non-stockable de l’énergie, la grande volatilité du secteur et la nécessaire visibilité des industriels de ce marché. «Il y a deux manières de réguler : la régulation de l’énergie et la régulation de la concurrence», a-t-il affirmé.

Délivrant une vision à moyen terme, l’ancien directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et auteur d’un rapport sur la sécurité énergétique, Claude Mandil, a pour sa part prédit un prix de l’énergie élevé et des marchés tendus à l’horizon 2030.