Le socialiste Udo Bullmann dirigera la commission des droits de l’homme du Parlement européen
Udo Bullmann (S&D) deviendra le principal porte-parole du Parlement européen en matière de droits de l’homme après la démission de sa prédécesseure, Marie Arena, à la suite du scandale du Qatargate.
Udo Bullmann, du groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) deviendra le principal porte-parole du Parlement européen en matière de droits de l’homme après la démission de sa prédécesseure, Marie Arena, à la suite du scandale du Qatargate.
M. Bullman a été désigné par la direction du groupe S&D du Parlement pour remplacer la Belge Marie Arena, membre du même groupe politique, à la présidence de la sous-commission des droits de l’homme (DROI). Mme Arena a démissionné en janvier après avoir fait l’objet d’une enquête dans le cadre du scandale de corruption qui secoue Bruxelles, le Qatargate. L’eurodéputée belge n’a toutefois pas été arrêtée ni inculpée.
Ancien chef de file du groupe S&D, Udo Bullman est l’un des eurodéputés de centre gauche les plus anciens à Bruxelles et est très expérimenté, a confié une source du groupe à EURACTIV.
À ce jour, une poignée d’eurodéputés et d’ex-eurodéputés ont été arrêtés ou ont fait l’objet d’une enquête dans le cadre de cette affaire de corruption, tous sont issus des rangs de S&D, ce qui constitue une source d’embarras pour le groupe. L’ancien eurodéputé Richard Corbett dirige l’enquête interne du groupe de centre gauche concernant le Qatargate.
Le scandale a poussé la présidente du Parlement Roberta Metsola à proposer une série de réformes des procédures internes à l’assemblée de l’UE et des règles relatives au lobbying, à l’éthique et aux déclarations financières. Cependant, cela a également révélé l’importance que de nombreux États hors UE accordent à l’opinion du Parlement sur les droits de l’homme et les libertés civiques dans leur nation.
Bien que la commission DROI ne possède pas de pouvoirs législatifs, elle est chargée de rédiger les résolutions du Parlement sur les droits humains, qui sont au cœur même du scandale du Qatargate. D’autres États que le Qatar, et notamment le Maroc, sont également soupçonnés d’avoir proposé des incitations financières à des eurodéputés en échange de leur soutien politique.
La semaine dernière, le parlement marocain a voté la suspension de ses relations avec le Parlement européen après que les eurodéputés ont vivement critiqué la position du gouvernement de Rabat sur la société civile et la liberté des médias.
« Notre tâche est de défendre la démocratie et les droits de l’homme dans le monde entier et d’être la voix de ceux qui n’ont pas de voix », a confié M. Bullmann à EURACTIV, ajoutant qu’il était « reconnaissant de la confiance que mon groupe a placée en moi. Maintenant, je vais tenter d’obtenir la confiance de mes collègues au Parlement ».
La nomination devrait être confirmée lors de la prochaine réunion de la commission, lundi (6 février).
[Édité par Anne-Sophie Gayet]