Le sommet de Paris inaugure « l’Union pour la Méditerranée » [FR]

Dimanche 13 juillet, les chefs d’Etat de 43 pays ont lancé l’Union pour la Méditerranée, concrétisant ainsi un projet cher au président français Nicolas Sarkozy, qui avait suscité à l’origine une pluie de critiques de la part de ses partenaires européens.

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Dimanche 13 juillet, les chefs d’Etat de 43 pays ont lancé l’Union pour la Méditerranée, concrétisant ainsi un projet cher au président français Nicolas Sarkozy, qui avait suscité à l’origine une pluie de critiques de la part de ses partenaires européens.

Le lancement officiel de l’Union pour la Méditerranée s’est déroulé au cours d’une cérémonie au Grand Palais à Paris ce dimanche. Cette initiative nourrit l’espoir d’une unité plus forte dans une région marquée par les conflits et les écarts de richesse entre le Nord et le Sud.

La France espère que ce partenariat donnera un nouvel élan à la coopération régionale au travers d’une série de projets prioritaires de développement qui créeront une solidarité de facto entre les nations participantes.

Les attentes sont également grandes concernant la structure de l’Union pour la Méditerranée, basée sur une présidence partagée entre le Nord et le Sud. Ce type de structure renforcera le principe de la copropriété dans le processus tout en lui accordant davantage de pouvoir politique grâce à des sommets réguliers qui se tiendront tous les deux ans. 

Toutefois, le sommet a éludé certains thèmes controversés comme le financement des projets – il faut encore trouver des milliards d’euros – ou l’emplacement du nouveau secrétariat permanent de l’Union. Ces questions seront abordées en novembre lors d’une réunion entre les différents ministres des Affaires étrangères.

Succès diplomatique et perspectives de paix

Néanmoins, le sommet constitue un succès diplomatique pour la France qui, fait rare, est parvenue à rassembler les dirigeants israéliens, syriens et palestiniens dans une même réunion.

M. Sarkozy, qui a coprésidé la réunion avec le président égyptien Hosni Moubarak, a félicité les nations arabes d’avoir participé au sommet, qualifiant leur attitude de « geste de paix ». 

M. Moubarak a déclaré que cette « nouvelle page » de coopération sera « la phase de la paix ». Quant au Premier ministre israélien Ehud Olmert, il a ajouté qu’Israéliens et Palestiniens n’avaient « jamais été aussi proches d’un accord [de paix] ».

La déclaration commune adoptée lors du sommet de Paris stipule que les nations participantes « s’emploient à établir, au Proche-Orient, une zone exempte d’armes de destruction massive dotée d’un système de vérification mutuelle efficace », notamment les armes nucléaires, chimiques et biologiques et leurs vecteurs. 

De plus, la France a ajouté un succès diplomatique à son actif en marge du sommet, en organisant des négociations entre les dirigeants syriens et libanais, qui ont convenu d’ouvrir des ambassades dans leur pays respectif pour la première fois depuis leur indépendance de la France il y a 60 ans.

Une Union pour la Méditerranée indépendante de d’adhésion de la Turquie à l’UE 

Parallèlement, la France a profité du sommet pour détendre ses relations avec la Turquie, lesquelles avaient été assombries par les attaques répétées de Nicolas Sarkozy contre les aspirations européennes du pays.

Lors d’une courte réunion avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, le président français a déclaré qu’il ne bloquera pas la progression des négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE. Ces négociations ont été officiellement lancées en 2005.
La déclaration finale du sommet a apaisé les craintes de la Turquie en stipulant clairement que l’Union pour la Méditerranée « sera indépendant de la politique d’élargissement de l’UE, des négociations d’adhésion et du processus de préadhésion ».

Six projets prioritaires

Dans le même temps, le sommet a confirmé les six principaux domaines pour le lancement des projets prioritaires de l’Union. Ils comprennent notamment la « dépollution » de la mer Méditerranée, les autoroutes de la mer et les autoroutes terrestres, un réseau de protection civile, une université euro-méditerranéenne et un programme destiné à encourager le développement des petites et moyennes entreprises.

Des projets visant à favoriser l’accès à l’eau et à en améliorer la gestion pourraient être ajoutés dans les prochaines années en vue d’assurer l’approvisionnement en eau potable et d’établir des systèmes d’irrigation ou de traitement des déchets.

Les décisions sur le financement et la mise en œuvre de ces projets seront prises au cas par cas et approuvées à un stade ultérieur.

Une naissance difficile

La naissance de l’Union n’a cependant pas été facile. A l’origine, les plans de M. Sarkozy avaient suscité de fortes critiques, particulièrement de la part de l’Allemagne. En effet, le président français envisageait la nouvelle Union comme un club exclusif impliquant les pays de la Méditerranée mais pas l’ensemble de l’UE.

Face à la pression allemande, le président français avait été obligé de revenir sur ses propos et d’autoriser les 27 Etats membres de l’UE à prendre part à l’initiative.

Il a également décidé de changer le titre initial « d’Union méditerranéenne » en « Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée » pour apaiser ceux qui craignaient que la nouvelle Union ne rivalise avec le processus de Barcelone actuel de l’UE.

L’Allemagne a obtenu gain de cause en maintenant sa position selon laquelle seuls les fonds attribués dans le cadre du processus de Barcelone devraient être alloués à la nouvelle Union. Son approche a donc prévalu sur les demandes franco-italiennes qui appelaient à multiplier les fonds attribués à la nouvelle autorité.