Le SPD liste ses exigences avant de négocier avec Merkel
La direction du Parti social-démocrate (SPD) a établi une liste de points « non négociables » qu'elle entend voir figurer dans tout programme de gouvernement en Allemagne.
La direction du Parti social-démocrate (SPD) a établi une liste de points « non négociables » qu’elle entend voir figurer dans tout programme de gouvernement en Allemagne.
Cette liste, qui comprend notamment l’instauration d’un salaire minimum, figure dans un document interne soumis aux délégués du parti, qui étaient réunis ce dimanche 20 octobre en convention pour donner leur feu vert à ces négociations.
Comme prévu, les délégués ont approuvé à une large majorité la déclaration préparée par la direction du parti l’autorisant à négocier un programme de gouvernement et la répartition des postes ministériels avec les conservateurs.
Sur les 229 délégués appelés à voter, seuls 31 ont voté contre et deux se sont abstenus, a déclaré Sigmar Gabriel, le président du SPD.
Un gouvernement pour Noël
« Notre objectif est de former un gouvernement d’ici Noël. Cela devrait nous laisser suffisamment de temps », a-t-il précisé.
Les négociations devraient débuter mercredi 23 octobre. Le SPD soumettra ensuite tout accord de coalition au vote de ses 472 000 adhérents.
Parmi les 10 points mis en avant par les sociaux-démocrates figurent notamment l’instauration d’un salaire minimum horaire de 8,50 euros, l’égalité des salaires entre hommes et femmes, la création d’une taxe sur les transactions financières, un effort d’investissements dans les infrastructures et l’éducation ou encore l’adoption d’une stratégie commune pour soutenir l’emploi et la croissance dans la zone euro.
Le SPD exige aussi l’égalité du niveau des retraites entre les anciennes Allemagne de l’Ouest et de l’Est, le droit à la double nationalité et des mesures permettant de mieux combiner vies professionnelle et privée.
Ce document ne mentionne pas en revanche de hausse des impôts pour les contribuables les plus aisés. Cette proposition figurait au cœur du programme du SPD pour les élections législatives du 22 septembre mais elle est catégoriquement rejetée par Angela Merkel.
Pas de crainte de nouvelles élections
L’Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière sortante et son alliée bavaroise, l’Union chrétienne-sociale (CSU), ont largement remporté ces élections, mais ont manqué de seulement cinq sièges la majorité absolue au Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand.
Comme les libéraux, avec lesquels la CDU-CSU gouvernait depuis 2009, ne sont plus représentés au Bundestag et que les discussions exploratoires avec les Verts n’ont pas abouti, le SPD est le seul allié possible pour les conservateurs en vue de former une coalition majoritaire.
Les sociaux-démocrates sont arrivés deuxièmes du scrutin, loin derrière les conservateurs, et ils gardent un souvenir amer de leur précédente « grande coalition » avec Angela Merkel, de 2005 à 2009, qui s’est conclue par leur plus lourd revers électoral depuis la Seconde Guerre mondiale.
« Cette fois, je peux vous assurer que nous n’accepterons pas un accord de coalition qui nous imposerait de faire le contraire de ce que nous avons promis pendant la campagne », a déclaré le président du SPD, Sigmar Gabriel, le 19 octobre au journal Bild.
Un groupe d’adhérents mécontents a manifesté le lendemain devant le siège du parti à Berlin.
Dans un entretien publié dimanche par le Welt am Sonntag, Erwin Sellering, ministre-président SPD du Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, souligne que le large succès électoral d’Angela Merkel ne doit pas la rendre intransigeante pour autant.
« Si nous ne sommes pas en mesure de faire avancer suffisamment nos propositions, alors nous devons dire aux électeurs: « désolé, mais nous ne sommes pas disponibles » […] De nouvelles élections n’ont rien d’inquiétant pour nous », a-t-il indiqué.