Le veto de l’Allemagne sur l’espace Schengen pressenti comme « populiste »
Le président du Groupe des socialistes et démocrates (S&D) au Parlement européen, Hannes Swoboda, a qualifié de « populiste et fallacieuse » la menace de l’Allemagne. Berlin envisage en effet d’utiliser son droit de veto contre l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l’espace Schengen de l’UE.
Le président du Groupe des socialistes et démocrates (S&D) au Parlement européen, Hannes Swoboda, a qualifié de « populiste et fallacieuse » la menace de l’Allemagne. Berlin envisage en effet d’utiliser son droit de veto contre l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l’espace Schengen de l’UE.
Hannes Swoboda, un Autrichien socialiste, souligne que les deux pays ont réalisé des progrès. Il a ajouté que les ministres de l'UE devraient à présent appliquer leurs propres règles et accorder à la Bulgarie et à la Roumanie l'accès complet à l'espace Schengen.
« La menace de veto allemand est populiste et fallacieuse », a-t-il déclaré.
« Elle donne l’impression que le gouvernement allemand veut diviser les pays de l’UE en États membres de première et de seconde classe. » Le Groupe S&D défend le principe d’égalité et demande l'accès complet à l'espace Schengen pour l’ensemble des citoyens de l’UE. […] Nous exhortons les ministres de l’intérieur de l’UE à agir de manière responsable et ouvrir à la Roumanie et la Bulgarie les portes de l’adhésion à Schengen. »
Le Groupe S&D a réagi par un communiqué, publié sur son site Internet, aux déclarations du ministre allemand de l'intérieur, Hans-Peter Friedrich. Ce dernier a déclaré que son pays s'opposerait à l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l'espace Schengen.
La question sera à l'ordre du jour d'une réunion des ministres européens de la justice et des affaires intérieures le 7 mars.
Dans un entretien accordé au magazine Der Spiegel, M. Friedrich a déclaré que la Bulgarie et la Roumanie devaient être « plus déterminées » dans la lutte contre la corruption. Il a affirmé que ceux qui obtenaient un visa par le biais de la corruption dans ces pays pourraient se rendre jusqu'en Allemagne sans contrôles supplémentaires. Le ministre allemand a également accusé les Bulgares et les Roumains d' « abuser de la liberté de circulation » en Europe et de siphonner le système allemand de sécurité sociale.
La Commission européenne et le Parlement considèrent que la Bulgarie et la Roumanie sont en mesure de rejoindre l'espace Schengen depuis 2011. Leur adhésion a été inscrite à l'ordre du jour de plusieurs réunions des ministres, mais les Pays-Bas s’y sont opposés. Les Néerlandais estiment qu'au moins deux rapports consécutifs, dans le cadre du mécanisme de coopération et de vérification (MCV), devraient être positifs avant de prendre une décision (voir « Contexte »). La Commission souligne que le MCV et l'adhésion à l'espace Schengen sont deux questions différentes.
Le premier ministre roumain, Victor Ponta, a déclaré qu'il ne demanderait même pas que le vote soit organisé jeudi en raison de la menace de veto allemand, selon EURACTIV Roumanie. Il a par ailleurs laissé entendre que l'adhésion à l'espace Schengen pourrait ne plus intéresser son pays.
Cela ne signifie pas que la Roumanie abandonnerait ses projets d'adhésion, mais que les autorités de Bucarest se concentreraient sur d'autres efforts européens, a indiqué M. Ponta, cité par le site Internet Sofia Globe.
Le ministre roumain des affaires étrangères, Titus Corl??ean a récemment déclaré que l'Allemagne s'opposait le plus à l'adhésion de la Roumanie (et de la Bulgarie) à l'espace Schengen, en raison des élections législatives prévues à l'automne.
Dans le même temps, la Bulgarie est restée muette sur la question, peut-être car le gouvernement se trouve dans une période de transition à la suite de la démission récente du premier ministre. Le président bulgare, Rossen Plevneliev, devrait rencontrer le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le président du Conseil, Herman Van Rompuy, demain (6 mars).