L’envoyé de Donald Trump pour l’Ukraine « clarifie » la place de l’Europe à la table des négociations

Les points de vue européens seront pris en compte et l’Ukraine ne sera pas contrainte de conclure un accord, selon l’envoyé américain pour l’Ukraine et la Russie, Keith Kellogg.

EURACTIV.com
61st Munich Security Conference
L’envoyé des États-Unis pour l’Ukraine et la Russie, Keith Kellogg. [Johannes Simon/Getty Images]

BRUXELLES — Les points de vue européens seront pris en compte et l’Ukraine ne sera pas contrainte de conclure un accord, a déclaré l’envoyé américain pour l’Ukraine et la Russie à un groupe de journalistes au siège de l’OTAN.

La visite de deux jours de Keith Kellogg, l’envoyé des États-Unis pour l’Ukraine et la Russie, à Bruxelles intervient dans un contexte de malaise croissant parmi les alliés européens. En effet, l’Union européenne (UE) craint qu’un futur accord de paix avec l’Ukraine ne soit conclu sans qu’elle-même et Kiev n’en soient informées, étant donné qu’aucune des deux n’est invitée à participer aux pourparlers entre les États-Unis et la Russie qui se tiendront cette semaine à Riyad, en Arabie saoudite.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré ce week-end que Kiev n’accepterait pas un accord qui serait préjudiciable à son pays ou qui résulterait de négociations auxquelles il n’aurait pas participé.

Keith Kellogg a répondu que « personne » n’imposerait de décisions à Volodymyr Zelensky, qui est un « dirigeant élu d’une nation souveraine », et que la décision de conclure un accord reviendrait en fin de compte aux Ukrainiens.

L’envoyé de Donald Trump se rendra à Kiev cette semaine pour une visite de trois jours, au cours de laquelle il devrait rencontrer le dirigeant ukrainien. Il retournera ensuite à Washington et poursuivra sa tournée des capitales de l’OTAN dans les prochaines semaines.

À la table des négociations

Keith Kellogg a précisé que le fait que les Européens ne soient pas à la table des négociations ne signifiait pas que leurs préoccupations ne seraient pas prises en compte.

« Si vous pensez qu’il y aura trente-trois personnes assises à la même table pendant la discussion, selon toute probabilité, la réponse est non, pas du tout », a confié le responsable américain. Mais « si “à la table” signifie que vos points de vue sont entendus, compris, transmis, la réponse est absolument oui », a-t-il continué.

Washington a envoyé un questionnaire aux capitales européennes en début de semaine dernière afin de déterminer les ressources qu’elles seraient prêtes à fournir pour une éventuelle future force de maintien de la paix.

« Avant que tout type de discussion et de garanties de sécurité ne soit finalisé, bien sûr, ces discussions vont avoir lieu », a affirmé Keith Kellogg.

« Les réponses à ces questions seront déterminées au fur et à mesure que vous avancerez dans le processus final », a-t-il ajouté, renvoyant la balle aux Européens.

Les promesses seront-elles tenues ?

L’absence de Keith Kellogg de l’équipe de négociation américaine qui s’est rendue à Riyad a soulevé des questions sur son influence effective sur les efforts de Donald Trump pour élaborer une proposition de paix — et sur la manière dont la contribution européenne y sera intégrée.

L’envoyé américain a toutefois affirmé que son absence « ne signifie pas que l’équipe n’est pas entièrement synchronisée ».

« Ils vont venir du Proche-Orient, je viendrai d’Ukraine — nous allons revenir à une synchronisation », a-t-il affirmé, ajoutant qu’il avait eu une conférence téléphonique conjointe avec l’équipe de négociation après la Conférence de Munich.

L’équipe en question comprend le secrétaire d’État Marco Rubio, le conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz et l’envoyé des États-Unis au Proche-Orient Steve Witkoff.

(AM)