Les affaires publiques évaluent la Stratégie de Lisbonne [FR]
Le ralentissement économique mondial représente une opportunité formidable pour l’UE de raviver sa stratégie phare dite de Lisbonne pour la croissance et de l’emploi, ont déclaré des consultants en affaires publiques à EURACTIV. Mais les opinions divergent sur ses priorités futures au regard des évaluations mitigées de la réussite de la stratégie.
Le ralentissement économique mondial représente une opportunité formidable pour l’UE de raviver sa stratégie phare dite de Lisbonne pour la croissance et de l’emploi, ont déclaré des consultants en affaires publiques à EURACTIV. Mais les opinions divergent sur ses priorités futures au regard des évaluations mitigées de la réussite de la stratégie.
La Stratégie européenne de Lisbonne, lancée en 2000, a échoué jusqu’ici à remplir son principal objectif de dynamiser et galvaniser les forces européennes autour d’un projet européen, selon José Lalloum, associé gérant de Logos Public Affairs, un cabinet de consultance bruxellois.
Cette appréciation tombe aujourd’hui, bien que ses cibles et ses objectifs sont d’autant plus valables dans ce contexte de récession économique mondiale, qui représente en réalité une opportunité formidable pour la Commission européenne et les gouvernements européens de raviver cette stratégie, a déclaré M. Lalloum.
L’Agenda de Lisbonne ne devrait pas être remplacé, mais approfondi et activé, a-t-il expliqué, appelant à ce que ses attributions soient élargies pour combattre le changement climatique en modernisant les économies européennes – essentiellement en investissant dans la recherche et le développement.
Cette opinion est partagée par Jacques Lafitte, le fondateur d’Avisa Partners, une autre firme de consultance bruxelloise, qui déclare que la crise signifie une chose : les objectifs de base de la stratégie – les emplois, une économie basée sur la connaissance et la croissance – resteront au sommet de l’agenda de l’UE bien après 2010.
A la recherche d’une nouvelle trame
Une nouvelle trame qui complète plutôt que remplace l’Agenda de Lisbonne, devrait se baser sur la durabilité et les technologies de pointe pour la création d’emplois et d’une économie pauvre en carbone, a déclaré M. Lafitte.
Gerard de Graaf, chef d’unité chargé de la Stratégie de Lisbonne à la Commission européenne, a déclaré à EURACTIV dans un entretien récent que l’UE devait accélérer la mise en œuvre de son agenda de réformes économiques, mais il a suggéré qu’aucun changement radical dans la substance ne devait être attendu quand la stratégie sera révisée plus tard cette année (EURACTIV 24/06/09).
De manière similaire, la présidence actuelle de l’Union détenue par la Suède croit que la Stratégie de Lisbonne a progressé sur plusieurs points, selon la ministre des Affaires européennes de ce pays, Cecilia Malmström, qui s’est exprimé dans un entretien avec EURACTIV (EURACTIV 29/06/09).
Néanmoins, on s’attend à ce qu’une stratégie nouvelle, plus focalisée et plus efficace soit adoptée lors de la présidence espagnole de l’UE au printemps 2010, et préparer et mettre en place le cadre pour cette stratégie sera l’une des tâches importantes pour la Suède, a dit Mme Malmström.
Le facteur Barroso
De nombreux observateurs bruxellois croient que les priorités de l’Union pour les prochaines années ne changeront pas de façon spectaculaire si José Manuel Barroso est reconduit en tant que président de la Commission pour un second mandat.
M. Barroso a reçu le soutien unanime des chefs d’Etat et de gouvernement lors du sommet des 18 et 19 juin (EURACTIV 19/06/09), mais il devra encore attendre pour être formellement reconduit après que les eurodéputés aient décidé d » repousser le vote sur sa nomination jusqu’à l’automne (EURACTIV 07/07/09).
Si M. Barroso reste en charge de l’exécutif européen, des questions telles que la réforme de la surveillance financière ou la lutte contre le changement climatique continueront à figurer en haut de l’agenda, a déclaré Laurent Chokoualé Datou de la firme de relation publique bruxelloise Edelman à EURACTIV, peut-être au détriment des politiques de soutien social conçues pour aider à atténuer les effets de la crise financière mondiale.
Pressions régulatrices
Pour la directrice gérante de Fleishman-Hillard Europe, Caroline Wunnerlich, les mots en vogue d’après l’élection de 2004 tels que « mieux réguler », « mise en œuvre » ou « compétitivité » ont depuis été détourné par la crise économique, qui a détourné l’attention de tout le monde sur le besoin de réguler le secteur financier.
Le niveau auquel cet élan régulateur dans les services financiers migrera vers d’autres domaines politiques est bien sur un élément clef, mais il est difficile de voir comment cela ne serait pas le cas, a déclaré Mme Wunnerlich à EURACTIV.
Au début de l’automne 2009, la Commission doit lancer une large consultation Internet des parties prenantes européennes et nationales sur la stratégie de Lisbonne post-2010 ; des propositions formelles devraient être présentées à la fin de l’année ou au début de la prochaine.
Les dirigeants européens adopteront alors certainement les principales orientations politiques de l’exécutif européen lors de leur sommet de mars 2010.