Les agriculteurs de retour à Bruxelles pour défendre la PAC

Les agriculteurs manifesteront dans les rues de Bruxelles le 16 juillet, jour de la présentation du premier projet de budget de l’UE pour l’après-2027. En ligne de mire : la possible fusion des politiques agricoles et de cohésion, et les menaces de coupes dans le budget de la Politique agricole commune (PAC).

AFP / EURACTIV.com
[Getty Images/Dursun Aydemir_Anadolu]

Les agriculteurs descendront à nouveau dans les rues de Bruxelles mercredi prochain (16 juillet) pour protester contre les coupes budgétaires envisagées dans la prochaine PAC et le projet de la Commission européenne de fusionner les politiques agricoles et de cohésion en « partenariats » nationaux gérés par les États membres.

Lundi 7 juillet, la Chambre tchèque de l’agriculture a confirmé à Euractiv que les organisations d’agriculteurs européens organiseraient une marche dans le quartier européen le jour où la Commission présenterait le premier paquet de propositions pour le prochain budget à long terme de l’UE, également connu sous le nom de cadre financier pluriannuel (CFP), pour la période 2028-2034.

Si les intentions de la Commission avec la PAC sont connues depuis plusieurs mois, les ministres de l’Agriculture et les organisations agricoles nationales n’ont intensifié leur mobilisation que récemment.

Cette manifestation sera la première grande manifestation du secteur agricole dans la capitale européenne depuis l’année dernière, lors d’un rassemblement aux portes de la ville avant les élections européennes.

Parmi les organisateurs de la manifestation de la semaine prochaine figurent la Fédération wallonne de l’agriculture, et l’organisation européenne Copa-Cogeca. Cette marche, qualifiée de « symbolique » par ses organisateurs, partira du Parlement européen pour se rendre au bâtiment Berlaymont, et fait suite au lancement d’une pétition intitulée « Pas de sécurité sans PAC ».

Les organisateurs ont confié à Euractiv qu’ils réclamaient « un engagement renouvelé », un budget séparé dédié à la PAC, indexé sur l’inflation, ainsi que le maintien de la structure actuelle à deux piliers de la politique agricole : soutien aux marchés et revenus agricoles (FEAGA), et développement rural (FEADER).

En France, le gouvernement est farouchement opposé à l’éventuelle fusion de la PAC avec d’autres fonds.

Si c’est le cas, le budget sera « raboté de mois en mois au gré des diverses priorités du moment », estime la ministre française de l’Agriculture Annie Genevard dans le magazine La France agricole.

Selon elle, le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen subit de « fortes pressions » budgétaires, car la liste des dépenses de l’UE s’allonge — remboursement de l’emprunt commun pendant le Covid, financement de la défense… —, tandis que des États membres sont réticents à aller chercher des ressources supplémentaires pour l’Union.

Pour rappel, la PAC est le premier poste de dépense du budget de l’UE. Sur la période 2021-2027, il représentait 387 milliards d’euros, dont 270 milliards rien que pour les aides directes.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]