Les alliés de l’OTAN ont dépensé plus de 50 milliards d’euros en aide à l’Ukraine en 2024

Selon des données internes, les États membres de l’OTAN ont dépensé plus de 50 milliards d’euros en soutien militaire à l’Ukraine en 2024, mais l’impact sur le champ de bataille est encore difficile à déterminer.

EURACTIV.com
Mark Rutte-Keir Starmer joint press conference in Brussels
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre britannique Keir Starmer (non visible) à la suite de leur rencontre à Bruxelles, en Belgique, le 3 février 2025. [Dursun Aydemir/Anadolu via Getty Images]

En 2024, les États membres de l’OTAN ont dépensé plus de 50 milliards d’euros en soutien militaire à l’Ukraine, selon des données internes partagées avec Euractiv. L’impact sur le champ de bataille reste toutefois difficile à déterminer.

Les membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ont donc dépassé leur objectif initial d’envoyer 40 milliards d’euros de soutien militaire à l’Ukraine l’année dernière.

L’objectif avait été fixé en juillet lors d’un sommet des dirigeants, et le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, avait déclaré en octobre que les dépenses de la première moitié de l’année mettaient l’alliance sur la bonne voie.

Les contributions pour l’année entière sont calculées en avance, et l’objectif de 40 milliards d’euros devait correspondre aux montants que l’alliance avait dépensés les années précédentes, depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022.

L’année dernière, l’Ukraine a reçu des avions de chasse de fabrication américaine, des systèmes de défense aérienne Patriot et d’autres équipements haut de gamme. Cependant, on ne sait pas exactement en quoi consistent ces équipements ni dans quelle mesure ils peuvent donner à l’Ukraine un avantage sur le champ de bataille.

L’OTAN devrait révéler officiellement ce chiffre jeudi, lors d’une réunion des ministres de la Défense de l’alliance à Bruxelles, et ajouter que l’Europe a géré 60 % du total des livraisons d’aide militaire à l’Ukraine l’année dernière, les 40 % restants ayant été effectués par les États-Unis.

Bien que les chiffres montrent que les voisins de l’Ukraine apportent leur part de soutien, ils soulignent également le rôle important joué par les États-Unis. Si ce rôle devait être réduit sous la présidence de Donald Trump, les pays européens pourraient être contraints d’assumer encore plus de responsabilités en matière de dépenses et de livraison d’aide.

La nouvelle administration américaine a proposé que l’Ukraine échange le soutien militaire américain contre l’accès aux ressources de terres rares de l’Ukraine. Les médias ukrainiens ont fait état d’une éventuelle rencontre entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump à Washington cette semaine.

L’Ukraine ne sera pas oubliée

Au niveau européen, malgré l’accent mis sur la compétitivité mondiale et la réduction des formalités administratives, la Commission a également prévu de redoubler d’efforts pour soutenir l’Ukraine.

Selon un projet presque définitif consulté par Euractiv, la Commission européenne devrait faire de son soutien continu à l’Ukraine sa « priorité absolue » dans son programme de travail pour 2025.

« Notre priorité absolue sera de soutenir l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra et d’œuvrer pour sa liberté face à la guerre d’agression de la Russie », indique le texte. Le document réitère également le soutien de la Commission à l’adhésion future de l’Ukraine à l’Union européenne (UE).

*Nicoletta Ionta et Thomas Moller-Nielsen ont contribué à la rédaction de cet article.

(AM)