Les économies émergentes prêtes à apporter leur aider pour stabiliser l’euro

Les pays du BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud – se rencontreront la semaine prochaine à Washington pour s’accorder sur une proposition visant à aider l’Union européenne à surmonter ses difficultés budgétaires, selon des représentants du gouvernement brésilien.

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Les pays du BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud – se rencontreront la semaine prochaine à Washington pour s’accorder sur une proposition visant à aider l’Union européenne à surmonter ses difficultés budgétaires, selon des représentants du gouvernement brésilien.

La Chine et les Etats-Unis ont demandé aux dirigeants européens d'éviter la propagation de la débâcle de la dette de la zone euro, soulignant l'inquiétude internationale d'une crise qui menace maintenant l'Italie, troisième économie de la zone.

Barack Obama a appelé à « une politique budgétaire coordonnée plus efficace » de la part des Etats membres. Wen Jiabao, le premier ministre chinois, a déclaré que Beijing était prête à aider son plus grand partenaire commercial, mais a ajouté que l'Europe devait juguler la crise.

Les investisseurs doutent de plus en plus que les difficultés de la dette de la zone euro, composée de 17 pays, puissent être résolues. Les marchés du crédit estiment à 90 % la probabilité que la Grèce soit en défaut de paiement sur sa dette et, lors d'une enchère mardi, ont exigé la plus forte prime sur les obligations italiennes à cinq ans depuis que le pays a rejoint la zone euro en 1999.

« Ce que nous devons faire maintenant, c'est empêcher que la crise des dettes souveraines se propage et prenne plus d'ampleur », a déclaré Wen Jiabao.

Dans une tentative d’endiguement de la crise, l'Italie devrait approuver aujourd'hui un plan d'austérité de 54 milliards d'euros, bien que l'annonce des mesures n'eût jusqu'ici que peu convaincu les investisseurs que le pays pouvait gérer ses dettes.

George Papandreou, premier ministre grec, tiendra une conférence aujourd'hui avec Nicolas Sarkozy, le président français, et Angela Merkel, la chancelière allemande.

La conjugaison d'une crise bancaire semblable à celle de l'étranglement international du crédit, un défaut de paiement de la Grèce et un effondrement financier en Italie pourraient démanteler la zone euro.

« Je pense qu'il existe une possibilité, si de mauvaises décisions sont prises, que le système déraille » a déclaré Sergio Marchionne, PDG du constructeur automobile Fiat, aux journalistes à Francfort, lorsqu'il lui a été demandé si la survie de l'euro était en jeu.

Hier (13 septembre), Angela Merkel a tenté de couper court aux rumeurs d'un défaut de paiement imminent de la Grèce, ou de sa sortie de la zone euro. Des déclarations allemandes et françaises confuses concernant une éventuelle déclaration conjointe à propos de la Grèce ont fait osciller les marchés.

La Grèce a déclaré qu'elle n'aurait plus de liquidités dans quelques semaines, et qu'elle avait besoin d'une tranche d'aide de huit milliards d'euros en octobre pour payer les salaires et les retraites.

Angela Merkel a déclaré dans un entretien radiophonique que l'Europe faisait tout ce qui était en son pouvoir pour éviter à la Grèce un défaut de paiement, et a exhorté les hommes et femmes politiques de sa propre coalition à peser scrupuleusement chacun de leurs mots afin d'éviter davantage de troubles sur les marchés financiers.

Soutien de la Chine

Wen Jiabao n'a pas spécifié quelles initiatives pourrait entreprendre la Chine, dont les réserves de change excèdent les trois milliards de dollars, pour aider l'Europe.

Une éminente source brésilienne a déclaré hier à Reuters que le groupe du BRICS avait commencé à discuter d’accroître son implication dans la dette des pays de la zone euro, afin de les aider à limiter la crise.

« Nous avons dit maintes et maintes fois que la Chine était prête à apporter son aide, et nous continuerons nos investissements en Europe », a déclaré Wen Jiabao lors d'un discours au Forum économique mondial, en Chine.

Il a toutefois laissé entendre que l'Europe devrait rendre la pareille à Beijing, en l'aidant à obtenir le statut d'« économie de marché », qui réduirait son exposition commerciale aux affaires antidumping.

Barack Obama a annoncé à des journalistes espagnols, lors d'un entretien de groupe publié mardi, que les dirigeants européens devaient montrer aux marchés qu'ils prenaient leurs responsabilités dans la crise de la dette. Des faiblesses dans l'économie mondiale persisteront tant que cela ne sera pas résolu, a-t-il ajouté.

Témoignant de l'inquiétude de Washington, le secrétaire au Trésor des Etats-Unis, Timothy Geithner, assistera pour la première fois à une réunion des ministres des finances européens en Pologne vendredi.

Il s'agira de son deuxième voyage en Europe en une semaine, après avoir rencontré ses homologues européens lors d'une réunion du G7 le week-end dernier.

Barack Obama a affirmé que si la Grèce faisait l'objet des craintes les plus immédiates, un plus grave problème encore pouvant survenir serait que les marchés continuent d'attaquer les économies espagnole et italienne, plus grandes.

« En fin de compte, les grands pays européens, les dirigeants européens doivent se réunir et prendre une décision sur la manière d’articuler une intégration monétaire à une politique budgétaire coordonnée plus efficace », aurait-il dit selon l'agence de presse EFE.

Vendredi, Timothy Geithner devrait enjoindre aux ministres des finances de la zone euro d’accélérer la ratification des modifications de leur fonds de sauvetage, mais un représentant américain a déclaré qu'il n'encouragerait pas l’augmentation de la taille du fonds.

EURACTIV avec Reuters – Article EURACTIV traduit de l'anglais