Les entreprises américaines peuvent-elles mener la lutte contre le changement climatique? [FR]

Une nouvelle alliance d'ONG et de grandes entreprises américaines a lancé un appel pour des objectifs obligatoires de réduction des émissions de gaz à effet de serre, mettant la pression sur le président George W. Bush à la veille de son discours sur l'état de l'Union.

Une nouvelle alliance d’ONG et de grandes entreprises américaines a lancé un appel pour des objectifs obligatoires de réduction des émissions de gaz à effet de serre, mettant la pression sur le président George W. Bush à la veille de son discours sur l’état de l’Union.

Le président Bush ne devrait pas céder aux pressions de cette nouvelle alliance lors de son discours annuel (State of the Union) le 23 janvier. Selon la presse américaine, il placera de nouveau au coeur de ses politiques la sécurité de l’approvisionnement énergétique et présentera l’éthanol comme la solution miracle pour réduire la dépendance énergétique des Etats-Unis. 

Depuis le rejet du protocole de Kyoto par George W. Bush en 2001, les Etats-Unis sont considérés par de nombreux pays européens comme « l’axe du mal en termes de changement climatique ». Avec les Etats-Unis sur la touche, l’Union européenne s’est affirmée comme la première région au monde à lutter contre le réchauffement climatique et a fait de son système d’échange de quotas d’émissions (en dépit de toutes ses faiblesses) une solution modèle.

Cependant, sous la pression de l’industrie européenne, qui craint de voir sa compétitivité affaiblie, l’UE a du mal à tenir sa place. Bien que la Commission ait fixé des objectifs unilatéraux de réduction des émissions de 20% d’ici 2020 dans son récent « paquet énergie/changement climatique », elle ne parvient pas à trouver un compromis entre sa stratégie sur le changement climatique et les objectifs de sa ‘stratégie de Lisbonne’ pour la croissance et la compétitivité, comme semble le monter le conflit interne de la Commission sur les émissions de CO2 produites par les véhicules particuliers. La proposition de remplacer l’accord volontaire actuel avec les constructeurs automobiles par des objectifs contraignants a été reportée le 23 janvier 2007 en raison de l’important lobbying de l’industrie et de la DG Entreprises.

Par ailleurs, les Etats-Unis sont de plus en plus sensibles au problème du changement climatique et seul le gouvernement fédéral hésite encore à revoir radicalement sa politique dans ce domaine. En Californie, le gouverneur Arnold Schwarzenegger est devenu le champion de la lutte contre le changement climatique en introduisant des mesures dont l’objectif est de réduire de 25% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, ainsi qu’une norme de faible émission de carbone pour les carburants automobiles.

La nouvelle majorité des Démocrates au Congrès américain a également placé la lutte contre le changement climatique au rang de ses priorités. Au cours de ses 100 premières heures, la présidente du Congrès, Nancy Pelosi, a annoncé la création d’un nouveau comité sur le changement climatique et a mis en place une législation sur la sécurité de l’approvisionnement énergétique. Au Sénat, le sénateur républicain et éventuel candidat pour les présidentielles de 2008 John McCain invite un groupe de plus de 80 législateurs internationaux à Washington pour débattre du changement climatique.

La nouvelle coalition de l’USCAP indique clairement que les grandes entreprises américaines ont pris conscience de l’enjeu du changement climatique et pourraient avoir une grande influence sur la campagne pour les prochaines élections présidentielles de 2008.