Les entreprises françaises en bonne place pour contribuer à la relance du nucléaire au Royaume Uni
Le gouvernement britannique a annoncé la construction de nouvelles centrales nucléaires d’ici 2020. Cette décision confirme le renouveau de l’énergie nucléaire en Europe et dans le monde, dans le contexte de la lutte contre le réchauffement climatique. L’appétit des principales entreprises du secteur, notamment françaises, est d’ores et déjà aiguisé.
Le gouvernement britannique a annoncé la construction de nouvelles centrales nucléaires d’ici 2020. Cette décision confirme le renouveau de l’énergie nucléaire en Europe et dans le monde, dans le contexte de la lutte contre le réchauffement climatique. L’appétit des principales entreprises du secteur, notamment françaises, est d’ores et déjà aiguisé.
Contexte :
Dans un contexte de renchérissement du prix du pétrole et d’appauvrissement de ses ressources gazières en mer du Nord, le Royaume-Uni a fait un volte face largement attendu sur la question du nucléaire. La position britannique était jusqu’ici de fermer, d’ici 2035, la dizaine de centrales existantes datant des années 1960 et 1970 et produisant 18% de l’électricité consommée.
A la suite d’une vaste consultation publique, le secrétaire d’État britannique à l’Energie, John Hutton, a donné devant la Chambre des Communes le feu vert officiel du gouvernement à la relance d’une énergie nucléaire qui doit, selon lui, aider le Royaume-Uni à répondre, « au côté d’autres énergies à faibles émissions de CO2 », « au double défi d’assurer son approvisionnement futur en énergie et de lutter contre le réchauffement climatique ».
Enjeux :
Attiré par l’ouverture d’un marché d’une valeur potentielle de plusieurs dizaines de milliards d’euros, un certain nombre d’entreprises énergétiques ont déjà fait connaître leurs projets. Le gouvernement a précisé qu’elles devront assumer, sans aucun soutien public, la totalité du financement de la construction, de l’exploitation et du démantèlement à terme des centrales nucléaires, et une « part raisonnable » du prix de la gestion des déchets radioactifs.
EDF, déjà fortement présent au Royaume-Uni, envisage d’y développer quatre centrales nucléaires supplémentaires, dont la première devrait être opérationnelle d’ici 2017. Le PDG de la filiale britannique EDF Energy, Vincent de Rivaz, a indiqué qu’un groupe de travail prépare déjà la société à ce projet depuis deux ans.
« Nous ferons cela avec des partenaires. Ce sera un projet britannique fait avec du savoir-faire britannique », a également déclaré Vincent de Rivaz. L’un des partenaires d’EDF Energy pourrait bien être British Energy, qui a indiqué être un partenaire incontournable en estimé, dans un communiqué, que ses huit sites nucléaires existants sont « parmi les meilleurs candidats potentiels pour la construction de nouvelles centrales nucléaires ».
Le leader mondial du nucléaire, le Français Areva, a aussi indiqué qu’il souhaitait construire six centrales nucléaires au Royaume-Uni. Les Allemands E.ON et RWE et le Britannique Centrica ont également exprimé leur intêret.
Ces annonces confirment le renouveau de l’attrait de l’atome en Europe et dans le monde. La dirigeante d’Areva, Anne Lauvergeon, estime qu’entre 100 et 300 nouveaux réacteurs seront construits d’ici 2030. Areva souhaiterait en construire un tiers.
La décision du gouvernement britannique pourrait faire tâche d’huile dans les pays de l’UE aujourd’hui hostiles au nucléaire. En Allemagne, où le précédent gouvernement Schröder avait renoncé au nucléaire, un certain nombre de voix réclament la réouverture de ce débat sensible. Dernière déclaration en date, celle du ministre CDU de l’économie, Michael Glos, qui a indiqué dans la presse que l’Allemagne doit « présenter un mix énergétique le plus large possible », ce qui implique, selon lui, « les énergies renouvelables, mais aussi l’énergie nucléaire ».
Positions :
Greenpeace UK estime que la décision du gouvernement est une mauvaise nouvelle pour la sécurité énergétique du Royaume-Uni, ainsi que pour les efforts fournis pour lutter contre le changement climatique. Selon John Sauven, son directeur exécutif, les recherches montrent que même dix nouveaux réacteurs permettraient de réduire les émissions de carbone du Royaume-Uni d’à peine 4 % après 2025. L’organisation écologique a menacé de demander l’annulation en justice d’une consultation publique ayant déjà subi le même sort en 2006.
L’opinion publique britannique reste divisée sur le dossier. Selon un sondage, 44% des personnes interrogées estiment que les sociétés devraient avoir la possibilité d’investir dans le nucléaire, contre 37% d’un avis contraire.
Le puissant syndicat britannique Unite a en revanche défendu vigoureusement la relance du nucléaire, affirmant qu’elle permettrait de créer des emplois hautement qualifiés et bien payés, tout en réduisant la dépendance du pays vis-à-vis des hydrocarbures.