Les eurodéputés allemands sont les plus influents au Parlement européen, selon une nouvelle étude
Les eurodéputés allemands sont les députés les plus influents du Parlement européen, alors que la présidence de la Commission européenne est également assurée par une Allemande. C’est ce que révèle une nouvelle étude publiée mardi (18 octobre).
Les eurodéputés allemands sont les députés les plus influents du Parlement européen, alors que la présidence de la Commission européenne est également assurée par une Allemande. C’est ce que révèle une nouvelle étude publiée mardi (18 octobre).
La délégation de 96 eurodéputés allemands est généralement la plus influente et elle est aussi l’une des plus performantes proportionnellement à sa taille, peut-on lire sur la plateforme de recherche EUmatrix.
Cela s’explique principalement par le nombre de postes à responsabilité au sein de l’administration du Parlement, des groupes politiques et des commissions occupés par les députés allemands, ainsi que par leur présence significative dans tous les principaux groupes du Parlement.
L’étude, réalisée par Doru Frantescu, PDG d’EUmatrix.eu et ancien PDG de VoteWatch Europe, se base sur les postes occupés par les eurodéputés au sein du Parlement et le rôle qu’ils jouent dans l’élaboration des législations, ainsi que sur leur ancienneté, tant au sein de leur parti que dans la politique nationale.
Sans surprise, la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, et Manfred Weber, président du plus grand groupe politique de l’institution, à savoir le Parti populaire européen (PPE), sont classés comme les eurodéputés les plus influents. Ils sont suivis par l’eurodéputée écologiste Heidi Hautala, vice-présidente du Parlement qui a également piloté une série de dossiers sur le commerce international.
Trois eurodéputés figurant dans le top 10 sont à la tête des commissions législatives — Bernd Lange, Johan Van Overtveldt et Juan Fernando López Aguilar — tandis que trois sont chefs de groupes politiques — M. Weber, Iratxe García Pérez, cheffe du groupe des Socialiste et Démocrates (S&D), et Stéphane Séjourné, président du groupe Renew Europe, qui est également secrétaire général du parti présidentiel français Renaissance.
L’étude conclut que le PPE reste le groupe politique le plus puissant au sein de l’hémicycle.
« Il semble que le PPE et ses alliés soient mieux armés pour contrebalancer les majorités de centre-gauche qui étaient plus répandues au Parlement européen au début de la législature », peut-on lire dans l’étude, qui souligne que le PPE a réussi à décrocher à la fois les postes de président et de secrétaire général du Parlement.
Par ailleurs, les membres du groupe des Verts/ALE « dépassent les attentes par rapport à leur poids pour ce qui est des postes de direction au Parlement européen, de l’obtention de dossiers législatifs clés et de leur performance globale en matière de vote ».
En revanche, les membres du groupe d’extrême droite Identité et Démocratie (ID) « restent isolés » au Parlement, un reflet du cordon sanitaire utilisé par les groupes centristes pour les empêcher d’obtenir des postes de direction au sein de l’assemblée.
Parmi les petits pays, les Maltais, les Luxembourgeois et les Finlandais sont ceux qui se distinguent le plus, tandis que les Slovaques, les Chypriotes et les Slovènes sont les groupes nationaux les moins performants.
Les deux membres de l’UE qui ont des différends de longue date avec les institutions européennes en matière d’État de droit — la Hongrie et la Pologne — semblent également éprouver des difficultés au Parlement.
L’influence des eurodéputés polonais stagne en raison de leur concentration dans un seul groupe, celui des Conservateurs et Réformistes européens (CRE).
Les Hongrois sont les eurodéputés les moins influents en matière de législation, en grande partie parce que le parti au pouvoir dans leurs pays, le Fidesz, se retrouve aujourd’hui sans groupe politique et est, par conséquent, incapable d’obtenir des dossiers législatifs même s’il le voulait.
En termes de politique, les Européens du Nord-Ouest ont en moyenne plus d’influence sur les thématiques liées à l’énergie et à l’agroalimentaire, tandis que les eurodéputés d’Europe centrale et orientale restent plus influents que la moyenne sur les questions de politique numérique.