Les eurodéputés centristes condamnent les « tentations illibérales » du PPE

Le groupe centriste Renew Europe a accusé le Parti populaire européen (PPE) de s’acoquiner avec l’extrême droite et a mis en garde contre la polarisation croissante des droites dans une déclaration qui sera adoptée par le parti à Vienne le 6 septembre.

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« Nous sommes un peu préoccupés par le fait qu’en Autriche aussi, la tentation de l’“orbanisation” existe », a déclaré mardi Beate Meinl-Reisinger, présidente de NEOS, à propos de la rencontre entre le chancelier Karl Nehammer et le Premier ministre hongrois Viktor Orbán. [RossHelen / Shutterstock]

Le groupe centriste Renew Europe a accusé le Parti populaire européen (PPE) de s’acoquiner avec l’extrême droite et a mis en garde contre la polarisation croissante des droites dans une déclaration qui sera adoptée par le parti à Vienne mercredi (6 septembre).

Dans une déclaration, consultée par EURACTIV, le groupe centriste du Parlement européen met en garde contre une fracture politique croissante en Europe, avec certains des partis conservateurs de l’UE qui s’éloignent de plus en plus du centre politique car ils sont « séduits par l’illibéralisme ».

« Nous appelons les partis pro-européens du Parlement européen à rejeter le populisme et la coopération avec l’extrême droite ou l’extrême gauche », a déclaré le président de Renew Europe, Stéphane Séjourné, dans un communiqué consulté par EURACTIV.

Alors que la déclaration ne cite pas nommément de mouton noir au sein du PPE, plusieurs partis conservateurs en Europe gouvernent actuellement avec l’aide de partis d’extrême droite, comme en Suède, en Finlande et en Italie.

Le parti libéral autrichien NEOS, qui accueille la réunion du groupe politique, a également cité son propre gouvernement comme un exemple de cette évolution.

« Nous sommes un peu préoccupés par le fait qu’en Autriche aussi, la tentation de l’“orbanisation” existe », a déclaré mardi Beate Meinl-Reisinger, présidente de NEOS, à propos de la rencontre entre le chancelier Karl Nehammer et le Premier ministre hongrois Viktor Orbán.

« Vienne ne doit pas devenir Budapest », a-t-elle ajouté.

Pour s’opposer à cette tendance, Renew Europe espère promouvoir un contre-récit centriste à l’approche des élections européennes de juin prochain, qui poussera le PPE vers une voie plus modérée en défendant des principes tels que l’État de droit, les droits de l’Homme ou la lutte contre le changement climatique.

La tolérance du PPE à l’égard de Giorgia Meloni

Plus récemment, et en particulier sous la direction de Manfred Weber, le leader du PPE, le groupe de centre droit du Parlement européen a adopté une approche plus conciliante à l’égard de certains partis de droite de l’UE, tels que le parti d’extrême droite italien Fratelli d’Italia (CRE) de Giorgia Meloni. Dans une interview accordée au Funke Media Group, M. Weber a même qualifié de « constructif » le parcours de Mme Meloni au sein de l’UE.

Certains membres du PPE, comme le ministre italien des Affaires étrangères et dirigeant de Forza Italia, Antonio Tajani, ont ouvertement plaidé pour une coalition avec les Conservateurs et Réformistes européens (CRE), le groupe d’extrême droite du Parlement européen dirigé par Mme Meloni, au lendemain des élections européennes de 2024.

Cependant, le groupe Renew, qui jouera probablement le rôle de faiseur de rois après les élections, a exclu toute collaboration avec des forces politiques extrémistes après les élections.

« Nous refusons de nous associer à l’extrême droite ou à l’extrême gauche. Nous rejetons la coopération avec les partis anti-européens aujourd’hui et après les élections de 2024 », peut-on lire dans la déclaration.

Le groupe des libéraux a également interpellé directement l’Italie en la citant, à côté de la Pologne et de la Hongrie, comme l’un des principaux exemples de « recul démocratique et d’illibéralisme ».

Retour aux modes de coopération

Dans un contexte de polarisation, les centristes veulent continuer à travailler en étroite collaboration avec le S&D et le PPE, faisant écho à l’accord de mi-parcours signé par les trois plus grands partis du Parlement européen en 2022, qui agit comme une quasi-coalition.

« Nos partenaires doivent revenir à notre accord de coalition de mi-parcours et tenir leurs promesses pour les citoyens », a déclaré M. Séjourné. « Le paysage politique est de plus en plus polarisé, mais nous savons que l’Europe de demain sera construite à partir du centre politique », a-t-il ajouté.

Renew Europe est de plus en plus mal à l’aise avec l’approche plus agressive du PPE vis-à-vis de propositions législatives clés, comme son opposition soudaine à la loi sur la restauration de la nature, un dossier majeur du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) — un choix politique qui a été reçu avec suspicion par les eurodéputés libéraux.

La loi sur la restauration de la nature « a été choisie par M. Weber comme l’exemple de la majorité alternative », a déclaré Pascal Canfin, législateur français de Renew, à des journalistes en juillet, suggérant que M. Weber étudie ses options pour une coalition de droite.