Les eurodéputés demandent plus de budget pour un accès autonome à l’espace

Les eurodéputés ont plaidé pour une plus grande indépendance vis-à-vis des pays tiers en matière de lancements spatiaux. Pour y parvenir, ils proposent un financement des plateformes spatiales par l’UE et que la priorité soit donnée à des options européennes.

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Afin de réduire la dépendance à des pays tiers dans le secteur spatial, les eurodéputés ont souligné « la nécessité de soutenir la création de bases spatiales et de complexes de lancement bien répartis géographiquement sur le territoire de l’Union, afin de renforcer l’autonomie stratégique de l’UE dans le secteur spatial ». [[ArianeGroup]]

Les eurodéputés ont plaidé pour une plus grande indépendance vis-à-vis des pays tiers en matière de lancements spatiaux. Pour y parvenir, ils proposent dans un projet de rapport, consulté par Euractiv, un financement des plateformes spatiales par l’UE et que la priorité soit donnée à des options européennes.

Les membres du Parlement européen « notent avec regret le manque actuel d’autonomie de l’UE en matière d’accès à l’espace, ce qui met en danger les missions liées à la sécurité et à la défense », ont-ils déclaré.

Afin de réduire la dépendance à des pays tiers dans le secteur spatial, les eurodéputés ont souligné « la nécessité de soutenir la création de bases spatiales et de complexes de lancement bien répartis géographiquement sur le territoire de l’Union, afin de renforcer l’autonomie stratégique de l’UE dans le secteur spatial ».

Le projet de rapport, intitulé « boussole stratégique et capacités spatiales de défense de l’UE », fait suite à la ratification par les dirigeants de l’UE de leur première stratégie de politique étrangère et de sécurité, la Boussole stratégique (Strategic Compass), approuvée en mars 2022.

Les législateurs européens devraient se prononcer sur ce rapport au sein de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen (AFET) la semaine prochaine, mardi (24 octobre), avant de passer au vote en séance plénière en décembre.

Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, avait déclaré l’année dernière que l’UE « devait développer une véritable stratégie européenne en matière de bases de lancement qui garantisse ses besoins, sa position sur la scène internationale et son autonomie pour les 20 à 30 prochaines années ».

Toutefois, la communication de la Commission européenne sur l’espace et la défense, publiée au printemps dernier, n’est pas entrée dans le détail de la question de la disponibilité de lanceurs spatiaux et de rampes de lancement européens adaptés aux utilisations futures, comme notamment la capacité de réutilisation des lanceurs.

L’exécutif de l’UE travaillera sur le droit spatial européen qui établit des règles, en particulier pour la gestion du trafic spatial (STM) et pour « s’assurer que les infrastructures spatiales essentielles sont sécurisées », a-t-il annoncé dans son programme de travail publié mardi (17 octobre).

L’accès autonome à l’espace est crucial, comme l’a montré la dernière polémique sur l’incapacité de l’UE à lancer ses propres satellites Galileo, un système mondial de navigation par satellite développé par l’UE en parallèle des systèmes GPS (États-Unis) et GLONASS (Russie).

Les eurodéputés ont donc réclamé une stratégie européenne pour les lanceurs et à ce que les États membres appliquent une « préférence européenne » dans le choix de leurs lanceurs vers l’espace pour des objectifs nationaux.

Cela permettrait « d’assurer la viabilité économique du secteur européen des lanceurs et de réduire la dépendance à l’égard des lanceurs de pays tiers ainsi que la sélection des données et des services spatiaux par les autorités publiques ».

De meilleures infrastructures

Les eurodéputés demandent de transformer les bases de lancement situées sur le territoire de l’UE « en véritables ports spatiaux européens, avec un financement de l’UE dédié à leur fonctionnement et à leur sécurité, à allouer dans le prochain cadre financier pluriannuel » pour la période 2027-2034.

Plus concrètement, les rampes de lancement porteraient un label européen afin de souligner la « nature européenne des bases de lancement, puisque la sécurité des États membres en dépend, avec une sorte de désignation commune et un financement correspondant », a déclaré une personne au fait du dossier à Euractiv.

Ainsi, puisque l’UE utilise les bases de lancement nationales de Kourou en Guyane française et de Kiruna dans le nord de la Suède, les eurodéputés estiment que l’UE devrait également contribuer financièrement à leur exploitation.

Les parlementaires européens n’ont pas précisé à combien devrait s’élever cette contribution. Cela dit, elle pourrait être équivalente aux coûts d’exploitation supportés par les Européens lors de l’utilisation de plateformes spatiales.

Actuellement, le budget de l’UE consacré au programme spatial n’alloue pas d’argent aux rampes de lancement ni aux lanceurs eux-mêmes, à l’exception de la recherche et du développement.

Les fonds pourraient être utilisés pour la modernisation des bases elles-mêmes. La base de Kourou est en train de transformer ses anciennes rampes de lancement inutilisées en rampes de lancement pour mini-lanceurs.