Les Européens rentrent de Moscou les mains vides [FR]
Hier (14 janvier), les Premiers ministres bulgares et slovaques sont rentrés de Moscou les mains vides, à la suite de ce qui semble être une tentative mal coordonnée de sécuriser les approvisionnements en gaz. Quant au président de la Commission José Manuel Barroso, il a mis en garde la Russie contre une éventuelle action juridique.
Hier (14 janvier), les Premiers ministres bulgares et slovaques sont rentrés de Moscou les mains vides, à la suite de ce qui semble être une tentative mal coordonnée de sécuriser les approvisionnements en gaz. Quant au président de la Commission José Manuel Barroso, il a mis en garde la Russie contre une éventuelle action juridique.
Au cours d’une rencontre avec ses collègues lui rendant visite sur son invitation, selon ses dires, le Premier ministre russe Vladimir Poutine a de nouveau accusé l’Ukraine de bloquer le transit du gaz sur son territoire, et a suggéré que la Commission européenne augmente la pression sur Kiev afin de résoudre la crise. Zinaida Greceani, Premier ministre de la Moldavie, pays non membre de l’UE, a également participé à la réunion conjointe.
Nous entendons de la part de nos collègues et amis ukrainiens qu’ils ont des problèmes avec le transit de notre gaz naturel destiné à l’Europe, a indiqué M. Poutine. Ce n’est pas notre problème, mais celui du pays de transit, a-t-il ajouté, soulignant que c’est à eux de le résoudre. Le site du gouvernement russe a publié la transcription complète de la réunion, ce qui est une nouveauté.
Les Premiers ministres se sont ensuite rendus en Ukraine, où ils ont également tenu une négociation de haut niveau. Lors de son retour de Kiev, le Premier ministre slovaque Robert Fico a exprimé sa frustration croissante devant l’échec de la Russie et de l’Ukraine à résoudre leurs différends sur les dettes et la fixation des prix.
Lors d’une conférence de presse à Bratislava, il a déclaré qu’il ne pouvait pas imaginer ce qui arrivera dans 24 ou 48 heures par rapport à la reprise du transit du gaz. Selon lui, les conditions posées par chacune des parties sont si opposées que cela ne peut simplement pas fonctionner.
La Commission, toutefois, a clairement affirmé que les visites de MM. Stanishev et Fico ne faisaient pas partie de l’effort coordonné de l’Union visant à résoudre la crise. Lors de la session plénière du Parlement européen hier, l’eurodéputé Vert Claude Turmes (Luxembourg) a accusé la Bulgarie et la Slovaquie d’entraver l’unité de l’Union dans sa manière de traiter la crise du gaz.
Le Premier ministre bulgare Sergei Stanishev a déclaré après la discussion avec M. Poutine qu’il avait mis en avant des propositions mettant un terme aux désaccords. La presse bulgare a écrit que ces propositions impliqueraient des accords d’échange selon lesquels la Russie vendrait à l’Ukraine une certaine quantité de gaz qui devra être acheminé vers d’autres pays.
Mais la question du « gaz technique », utilisé pour maintenir la pression dans les gazoducs, a une nouvelle fois constitué un obstacle majeur. En outre, l’échange pourrait être techniquement impossible à réaliser pour la Bulgarie, même si la question du « gaz technique » était résolue, est-il apparu par la suite.
La Russie propose un sommet européen du gaz
Parallèlement, le président russe Dmitri Medvedev a laissé entendre qu’un sommet sur le gaz entre les parties intéressées devrait être tenu à Moscou pour résoudre la crise. Le Premier ministre ukrainien Yulia Tymoshenko et son président Viktor Yushchenko ont indiqué séparément mercredi qu’ils ne se rendront pas à Moscou, mais ils ont soutenu l’idée qu’un sommet du gaz ait lieu dans une capitale européenne.
A la suite d’une conversation téléphonique qu’elle a eue avec M. Poutine, il a été annoncé plus tard que Mme Tymoshenko se rendra à Moscou samedi.
M. Stanishev, quant à lui, est en contact téléphonique avec un conseiller du président de la Commission M. Barroso, selon son service de presse.
Avec la contribution d’agences et du réseau EURACTIV.