Les inondations en Europe centrale provoqueront des pertes pour les agriculteurs

Alors que des équipes de sauvetage se sont démenées cette semaine pour protéger des villes en Europe centrale et méridionale de l’une des pires inondations depuis des années, des organisations d’agriculteurs craignent que les dégâts puissent détruire des récoltes de l’ensemble de la période de végétation.

EURACTIV.com
FLOODING 2013.jpg
FLOODING 2013.jpg

Alors que des équipes de sauvetage se sont démenées cette semaine pour protéger des villes en Europe centrale et méridionale de l’une des pires inondations depuis des années, des organisations d’agriculteurs craignent que les dégâts puissent détruire des récoltes de l’ensemble de la période de végétation.

La Copa-Cogeca, une organisation paneuropéenne qui représente des agriculteurs et des coopératives de producteurs, a déclaré jeudi (6 juin) qu'elle évaluait les dégâts causés par les inondations en Allemagne, en Autriche, en Hongrie, en République tchèque et en Slovaquie.

 

Les berges du Danube dans le sud de l'Allemagne et en Autriche et du Vltava en République tchèque constituent les régions les plus fertiles pour l'agriculture et la production de vin de ces États.

 

Selon la Copa-Cogeca, le blé, l'orge et l'avoine ont subi des dégâts dans certaines parties d'Italie et les récoltes de maïs et de tournesol pourraient également suivre.

 

Au milieu des photos dramatiques d’eaux de crue qui menacent des villes pittoresques et le pont Charles de 610 ans dans le centre de Prague, l'incidence sur l'agriculture attire peu d'attention. Outre la montée des eaux et les champs détrempés, les équipes de sauvetage ont protégé des villes en ouvrant des digues afin de réduire la pression des rivières en crue, des exploitations submergées et des pâturages.

 

Pekka Pesonen, le secrétaire général de la Copa-Cogeca, a expliqué à EURACTIV que la saison d'Europe centrale était trop avancée pour replanter des cultures dès que les eaux de crue reculeront.

 

La Copa-Cogeca a indiqué dans un communiqué que les vagues de froid prolongées et les mauvaises conditions météorologiques en Europe du Nord avaient retardé les plantations et « devraient avoir des conséquences négatives sur la récolte de céréales de cette année dans l'UE ».

 

Au moins une dizaine de personnes ont perdu la vie dans les inondations et les compagnies d'assurance ont estimé l'ensemble des dégâts en République tchèque, qui a connu la pire montée des eaux depuis 2002, à plus de 300 millions d'euros , alors que les ravages en Allemagne pourraient dépasser les 6 milliards d'euros.

 

Sécheresses et inondations

 

La dévastation fait suite à une série de phénomènes météorologiques extrêmes qui ont touché les agriculteurs de l'UE l'année dernière, dont une grave sécheresse en Europe méridionale et des inondations extrêmes au Royaume-Uni.

L'organisation British Agriculture Bureau estime que les inondations au Royaume-Uni ont causé des dégâts estimés à environ 1,3 milliard de livres sterling (1,5 milliard d'euros) en 2012.

 

« Nous savons que la sécheresse dans les régions importantes de production dans le monde est le principal élément déclencheur de la flambée des coûts de l'alimentation animale alors qu'au contraire, un été détrempé accompagné d'un automne et d'un hiver très humides a ralenti la production », a indiqué Peter Kendall, le président du syndicat British National Farmers Union, dans un communiqué en janvier.

 

« Des scientifiques spécialisés dans le changement climatique prédisent depuis longtemps que l'agriculture sera confrontée à des défis majeurs en raison du réchauffement de la planète. L'année 2012 a toutefois révélé le coût que des phénomènes météorologiques extrêmes peuvent infliger aux agriculteurs et à la chaîne d'approvisionnement alimentaire. »

 

Ralentissement de la production alimentaire

 

Jeudi, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a mentionné des facteurs environnementaux responsables d'un ralentissement anticipé dans la production alimentaire dans les années à venir.

 

La production agricole devrait s’accroître de 1,5 % par an en moyenne pendant la décennie à venir, contre 2,1 % de 2003 à 2012, d’après les perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO pour 2013-2022.

 

« Tant que les stocks alimentaires demeurent à un faible niveau dans les grands pays producteurs et consommateurs, le risque de volatilité des prix est amplifié », peut-on lire dans le rapport. « Une sécheresse de grande ampleur comme celle de 2012, conjuguée à des stocks réduits pourrait faire augmenter les prix mondiaux de 15 % à 40 %. »