Les intellectuels demandent aux Etats-Unis de défendre la démocratie en Hongrie
Au cours de la visite à Budapest cette semaine d’Hillary Clinton, secrétaire d'Etat américaine, un groupe d'intellectuels hongrois lui a demandé de s'élever contre ce qu'ils appellent le « système autocratique » de leur pays.
Au cours de la visite à Budapest cette semaine d’Hillary Clinton, secrétaire d'Etat américaine, un groupe d'intellectuels hongrois lui a demandé de s'élever contre ce qu'ils appellent le « système autocratique » de leur pays.
Dans une lettre datée du 26 juin, le groupe a affirmé que le gouvernement du premier ministre Viktor Orbán éliminait peu à peu tout le système d’équilibre entre les pouvoirs.
Personne n’était disponible immédiatement au sein du gouvernement hongrois ou du ministère des affaires étrangères pour commenter.
Les écrivains, philosophes et autres personnes, déjà opposées à l’ancien régime communiste en Hongrie, ont affirmé que le gouvernement de centre-droit avait restreint la liberté de la presse, limité les pouvoirs des hautes autorités judiciaires et fait passer une nouvelle constitution plus tôt dans l’année, qui a lié les mains des futurs gouvernements (voir « Contexte »).
« Un système autocratique se développe en Hongrie » ont-il écrit à Hillary Clinton et à l’ambassadeur américain en Hongrie.
« La visite historique du président George W. Bush en 1989 nous avait aidés à établir une démocratie en Hongrie. Votre visite pourrait nous aider à éviter de la détruire aujourd’hui », ont-il ajouté.
Lors de cette visite, des milliers de Hongrois étaient venus devant les bâtiments du parlement à Budapest écouter l’ancien président américain, qui saluait dans un discours les réformes et changements opérés à l’époque.
Hillary Clinton doit arriver à Budapest aujourd’hui (28 juin) et a prévu de rencontrer jeudi le ministre des affaires étrangères hongrois, János Martonyi, ainsi que le premier ministre.
L’écrivain György Konrád et l’ancien représentant de l’OSCE pour la liberté des médias, Miklós Haraszti, faisaient partie du groupe d’intellectuels.
Ils ont affirmé que le gouvernement – coalition de centre-droit entre les partis du Fidesz et du KDNP, qui ont gagné les deux tiers de la majorité parlementaire en 2010 – menaçait la démocratie.
« La façon de gouverner de [Victor Orbán] élimine de manière systématique les garanties constitutionnelles de séparation des pouvoirs, éliminant les garde-fous que sont les contre-pouvoirs pour l’exécutif », ont-il fait valoir.
Ils ont ajouté que l’autorité médiatique créée par le biais de la nouvelle loi sur les médias était une autorité unilatérale qui pouvait refuser le renouvellement des licences des médias d’information.
La loi hongroise relative aux médias s’est trouvée sous le coup de nombreuses critiques au sein de l’UE après avoir été votée en 2010.
En avril, le gouvernement a également fait voter une nouvelle constitution, dont les critiques ont dit qu’elle assoirait encore un peu plus ses pouvoirs et lierait les mains des futurs gouvernements dans des domaines politiques clés.
EURACTIV with Reuters — Traduit de l'anglais par EURACTIV