Les libéraux allemands redoublent de critiques à l’égard de leurs partenaires de coalition

Le parti libéral-démocrate allemand (FDP) se montre de plus en plus critique à l’égard des politiques économiques du gouvernement de coalition auquel il appartient, affirmant avoir davantage de points communs avec l’opposition conservatrice.

EURACTIV Allemagne
Free Democratic Party party convention
Dès ce week-end, Bijan Djir-Sarai a déclaré qu’il préférerait travailler avec l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU), parti d’opposition conservateur, car les deux partis se reconnaîtraient davantage dans différents domaines d’action. [ [EPA-EFE/CLEMENS BILAN]]

Le parti libéral-démocrate allemand (FDP) se montre de plus en plus critique à l’égard des politiques économiques du gouvernement de coalition à trois auquel il appartient, affirmant avoir davantage de points communs avec l’opposition conservatrice.

Le FDP (Renew Europe) est le partenaire junior de la coalition entre les sociaux-démocrates (SPD/S&D) et les Verts. Le parti est de plus en plus mécontent des politiques du gouvernement, en particulier en matière d’économie — un sentiment récemment exprimé par le secrétaire général du FDP, Bijan Djir-Sarai, qui a critiqué lundi (19 février) le ministre de l’Économie des Verts, Robert Habeck.

« Si le ministre de l’Économie est d’avis […] que nous sommes en train […] de nous endetter pour essayer de relancer artificiellement l’économie par des subventions, je pense que ce n’est pas la bonne voie à suivre », a souligné M. Djir-Sarai.

Le respect du « frein à l’endettement », inscrit dans la Constitution allemande depuis 2009 et qui limite normalement à 0,35 % du PIB par an le montant des nouvelles dettes autorisées, était l’une des promesses électorales les plus importantes du FDP et constitue une ligne rouge pour le parti.

Dès ce week-end, Bijan Djir-Sarai a déclaré qu’il préférerait travailler avec l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU), parti d’opposition conservateur, car les deux partis se reconnaîtraient davantage dans différents domaines d’action.

Dans une interview accordée à l’hebdomadaire Bild am Sonntag, M. Djir-Sarai a déclaré ouvertement qu’il était « fermement convaincu qu’une coalition composée de la CDU, de la CSU [Union chrétienne-sociale en Bavière] et du FDP serait non seulement capable d’analyser ensemble les problèmes du pays, mais aussi de trouver des solutions ensemble ».

« Si nous n’avons pas de base économique en Allemagne, nous échouerons dans tous les domaines politiques. Dans les semaines à venir, il sera extrêmement important pour moi de voir quelles conclusions les autres partenaires de la coalition en tireront », a averti M. Djir-Sarai.

De plus, Christian Lindner, président fédéral du FDP et ministre des Finances, a déclaré le 11 février à la chaîne de télévision ZDF que « le FDP souffre particulièrement du fait qu’il appartient à un gouvernement très impopulaire ».

En effet, la popularité du gouvernement tripartite est en baisse dans les sondages depuis des mois. Le FDP est particulièrement impopulaire, avec un score de 4 %, contre 11,4 % lors de l’élection qui lui avait permis de rejoindre la coalition.

Les prochaines élections européennes de juin pourraient s’avérer être un test crucial pour la coalition au pouvoir, et un résultat insatisfaisant pourrait inciter les libéraux à quitter le gouvernement.