Les lignes bougent sur la réforme de la pêche

Dans sa proposition de réforme de juillet 2011, la Commission voulait obliger les pêcheurs à rapporter l’ensemble de leurs captures à terre. Les négociations avec les États vont l’obliger à mettre de l’eau dans son vin.

EURACTIV.fr
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Dans sa proposition de réforme de juillet 2011, la Commission voulait obliger les pêcheurs à rapporter l’ensemble de leurs captures à terre. Les négociations avec les États vont l’obliger à mettre de l’eau dans son vin.

Les conclusions du conseil des ministres de la pêche du 19 mars sont claires. Si les Vingt-Sept pays de l’UE reconnaissent la nécessité de supprimer les rejets de poissons à la mer, ils ne sont pas d’accord avec la Commission sur la manière d’y arriver. 

Innover 

De nombreux États, dont la France, demandent une approche adaptée à chaque situation. « Par exemple, cette obligation [de rapporter l’ensemble des captures à terre] ne devrait pas s’appliquer aux pêcheries mixtes » ont fait inscrire certaines capitales dans le texte final de la réunion. « La plupart des États membres considèrent que l’interdiction des rejets devrait se faire en fonction des pêcheries et non pas des espèces » de poissons. 

Les normes de capture devraient « être fondées sur des approches scientifiques renforcées » ont estimé la majorité des ministres. « Pour beaucoup de délégations, l’amélioration de la sélectivité (…) est la meilleure façon d’éviter les mauvaises prises ». Pour ce faire, la recherche et l’innovation ont été mises en avant lors des discussions. 

Rôle des pêcheurs 

Ces positions mesurées du conseil des ministres ne pourront que ravir les pêcheurs français, opposés à la proposition de la Commission européenne de rapporter toutes les captures à terre. D’ailleurs, certains pays ont rappelé le risque de développement d’un marché parallèle pour ces poissons non commercialisables dans les circuits de distribution habituelle. 

>>> Pour en savoir plus, lire « La réforme de la pêche s’annonce houleuse »

Entre les ministres, les échanges ont aussi porté sur la nécessité de renforcer « le rôle et les responsabilités des organisations de producteurs » dans la future réforme de la pêche européenne. 

La France, ainsi que quinze autres pays, ont présenté une déclaration commune pour que le Fonds européen pour la pêche (FEP) supporte les entreprises d’aquaculture. Les missions originelles d’aide au renouvellement de la flotte et de reconversion des marins pêcheurs ne doivent pas pour autant être négligées précisent les conclusions. 

Ailerons de requin 

La réunion du 19 mars a été l’occasion d’annoncer une nouvelle mesure contre la pêche au requin et les fraudes qui l’entourent. Dorénavant, les carcasses et les ailerons devront être débarqués dans le même port, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent. Le Parlement doit se prononcer rapidement sur cette décision avant la finalisation de l’accord.