La menace hongroise d’envoyer des migrants à Bruxelles sape « la solidarité de l’UE », expliquent les autorités belges
Pour la secrétaire d’État belge à l’Asile et à la Migration, Nicole de Moor, la menace des autorités hongroises d’envoyer des bus de migrants à Bruxelles sape « la solidarité et la coopération au sein de l’Union ».
Pour la secrétaire d’État belge à l’Asile et à la Migration, Nicole de Moor, la menace des autorités hongroises d’envoyer des bus de migrants à Bruxelles sape « la solidarité et la coopération au sein de l’Union ».
Depuis la fin août, Budapest menace d’envoyer des bus remplis de migrants vers la capitale belge, où siègent la plupart des institutions de l’Union européenne (UE). Ce qui a fini par faire réagir la secrétaire d’État belge, Nicole de Moor, qui a expliqué que les États de l’Union devaient « travailler ensemble à une politique migratoire juste, humaine et efficace ».
Selon elle, « ce type de menaces sape la solidarité et la coopération au sein de l’Union », alors que la Belgique « continue de plaider en faveur d’une politique commune et coordonnée dans laquelle le respect des valeurs européennes et des obligations internationales occupe une place centrale ».
Nicole de Moor appelle également la Commission européenne à réagir de « manière ferme et décisive ».
Le 22 août dernier, Gergely Gulyás, le chef de cabinet du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, avait annoncé que Budapest enverrait des migrants à Bruxelles si l’UE mettait en œuvre ses nouvelles règles en matière de migration, qui, selon lui, empêchent la Hongrie de retenir des personnes à la frontière.
Un autre haut fonctionnaire hongrois, Bence Rétvári, a réitéré cette menace lors d’une conférence de presse à Budapest, le 6 septembre. Selon l’Associated Press, ce dernier a déclaré que le gouvernement hongrois « offre à ces migrants illégaux, volontairement et gratuitement, un aller simple pour Bruxelles », suite à la mise en œuvre de ce qu’il a appelé « la procédure européenne ».
Philippe Close (Parti socialiste, Socialistes et Démocrates européens), maire de la ville de Bruxelles, a qualifié lundi cette menace de « provocation » et a demandé au gouvernement belge, dans un message sur X, de « bloquer ces bus à la frontière ».
« Nous devons réagir avec fermeté. Nous sommes face à une énième provocation d’un pays qui profite des subventions de l’Union européenne et de la Belgique, mais qui est incapable de comprendre que l’UE, c’est la solidarité entre les pays et non la provocation permanente », a-t-il également confié à BX1.
Le directeur politique de Viktor Orbán, Balázs Orbán (sans lien de parenté avec le Premier ministre), a réagi en déclarant : « Permettez-moi de vous rappeler que la Hongrie protège l’ensemble de l’UE grâce à ses contrôles stricts aux frontières, alors que Bruxelles préférerait une politique d’ouverture. Et bien, maintenant vous pouvez en avoir un aperçu ».
En mai, l’UE a finalisé une révision de sa politique migratoire, malgré l’opposition de certains dirigeants d’Europe centrale et orientale comme Viktor Orbán et le Premier ministre polonais Donald Tusk.
Les nouvelles mesures prévues par le nouveau Pacte sur la migration et l’asile mettent à jour les règles relatives aux procédures frontalières et permettent aux pays débordés par les arrivées, comme l’Italie ou la Grèce, de relocaliser les migrants dans d’autres États de l’UE. Les pays qui refusent de les accueillir doivent en retour verser des indemnités financières.
Querelles politiques en Belgique
Georges-Louis Bouchez, le président du Mouvement Réformateur (MR, Renew), actuellement en négociations pour former un gouvernement fédéral avec la Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA, Conservateurs et Réformistes européennes), les Christen-Democratisch en Vlaams (cd&v, Parti populaire européen), Vooruit (Socialistes et Démocrates européens) et Les Engagés (Renew), a réagi à l’annonce hongroise sur les réseaux sociaux.
Sur X, il a affirmé que Budapest « a raison de montrer à cette gauche bien pensante les effets réels de sa politique ». Philippe Close a répondu à ce tweet en affirmant que « chez nous aussi [en Belgique], la frontière entre la droite et l’extrême droite s’estompe de jour en jour ».
Georges-Louis Bouchez a récemment désigné Hadja Lahbib, l’actuelle ministre des Affaires étrangères, pour rejoindre le futur collège des commissaires que va composer Ursula von der Leyen.
Hadja Lahbib a pour sa part expliqué sur X que l’annonce de Budapest lundi était une « provocation qui entre en contradiction avec les obligations européennes », prônant l’ordre et la solidarité de la part de l’ensemble des États membres de l’Union.
[Édité par Laurent Geslin]