Les ministres des Affaires étrangères de l'UE se rendent en Ukraine les mains vides
Une délégation de ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se rendra en Ukraine le vendredi 9 mai afin d'exprimer sa solidarité envers Kiev. Malheureusement pour l'Ukraine, ils laisseront leurs carnets de chèques à la maison.
Une délégation de ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se rendra en Ukraine le vendredi 9 mai afin d’exprimer sa solidarité envers Kiev. Malheureusement pour l’Ukraine, ils laisseront leurs carnets de chèques à la maison.
Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se réunissent à Varsovie les 7 et 8 mai pour une réunion informelle du Conseil de l’UE. Vendredi, ils se rendront à Lviv, en Ukraine, afin de manifester leur solidarité avec l’Ukraine, alors que la Russie célèbre de son côté le Jour de la Victoire sur l’Allemagne nazie.
Peu de décisions concrètes sont attendues lors de cette visite, ce qui suscite des interrogations côté ukrainien quant à l’utilité réelle du déplacement des ministres européens.
Cette visite intervient alors que les projets de l’UE visant à renforcer l’aide militaire à l’Ukraine sont actuellement dans l’impasse. Certains responsables européens espéraient que cette aide permettrait de compenser la réduction du soutien des États-Unis sous la présidence de Donald Trump.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a récemment déclaré que Bruxelles avait réuni environ « les deux tiers » des 5 milliards d’euros nécessaires pour fournir 2 millions d’obus de gros calibre supplémentaires à l’Ukraine.
Cette initiative est considérée comme la plus réalisable du plan d’aide de 40 milliards d’euros présenté en mars, mais elle reste insuffisante au regard des besoins exprimés par Kiev et ne permettra probablement pas de contrer efficacement les offensives russes.
Selon la lettre d’invitation envoyée aux ministres, ces derniers devraient discuter du « rôle de l’UE dans le renforcement de la position de négociation de l’Ukraine » dans les pourparlers de paix.
La lettre, signée par Kaja Kallas et le ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, appelle à une « discussion véritablement franche et sans script » lors de la réunion réservée aux ministres, sans interprètes ni dispositifs électroniques.
À Lviv, les ministres devraient également annoncer leur intention de créer un tribunal spécial chargé de poursuivre les responsables russes et biélorusses impliqués dans la guerre en Ukraine.
D’après des diplomates européens, ce tribunal viendrait compléter les efforts de la Cour pénale internationale (CPI) dans trois domaines — crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide — en traitant notamment certaines lacunes juridiques.
Ce tribunal pourrait juger des crimes d’agression, tels que l’annexion et l’occupation de territoires ukrainiens, ainsi que d’autres crimes pour lesquels les pays alliés de l’Ukraine ont recueilli des preuves au cours des deux dernières années. Ces infractions ne relèvent pas actuellement de la compétence de la CPI.
La Hongrie, la Slovaquie et les États-Unis s’opposent à la création d’un tribunal spécial, qui pourrait être officiellement créé par un vote du Conseil de l’Europe le 14 mai.
Sanctions contre Moscou
Par ailleurs, les ministres européens semblent décidés à accélérer l’adoption d’un 17e paquet de sanctions contre la Russie, en réponse à une série d’attaques récentes au missile et au drone visant l’Ukraine.
Mais ce train de sanctions devrait être moins ambitieux qu’initialement prévu, consistant principalement à ajouter à la liste des sanctions contre la Russie de nouveaux responsables russes et des navires appartenant à la « flotte fantôme » de pétroliers utilisés pour transporter les exportations russes vers l’UE.
La Commission européenne devrait présenter ce train de mesures aux ambassadeurs de l’UE mercredi 7 mai, afin que les ministres des Affaires étrangères l’approuvent le 20 mai, selon trois diplomates européens.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]