Les objectifs budgétaires européens ne cessent de diviser la majorité
Daniel Cohn-Bendit dit vouloir claquer la porte du parti écologiste, qui entend voter contre le traité budgétaire. Au PS, les divergences sont notoires. Dans les deux partis, un débat émerge sur la nécessité de différer l’échéance budgétaire de 2013.
Daniel Cohn-Bendit dit vouloir claquer la porte du parti écologiste, qui entend voter contre le traité budgétaire. Au PS, les divergences sont notoires. Dans les deux partis, un débat émerge sur la nécessité de différer l’échéance budgétaire de 2013.
Le texte a été négocié il y a 9 mois, mais il produit son effet le plus spectaculaire en bout de course, au moment où les dés sont jetés. Le 2 octobre, les parlementaires français devront se prononcer sur le traité européen de stabilité, de coordination et de gouvernance (TSCG), qui impose aux 25 pays signataires de limiter leur déficit structurel à 0,5% du PIB.
Un carcan que l’extrême gauche, ainsi que les écologistes, rejettent de toutes leurs forces. A l’issue du Conseil fédéral, qui s’est tenu samedi 22 septembre, les dirigeants du parti d’Europe-Ecologie Les Verts se sont positionnés contre la ratification du texte.
Une « lecture stricte » du traité « ne répondra pas durablement aux crises auxquelles est aujourd’hui confrontée l’Union européenne et constitue un obstacle à la transition écologique », peut-on lire dans la motion d’EELV.
Leurs élus du Parlement pourraient donc nourrir le contingent de voix opposées au traité composé de 17 députés écologistes à l’Assemblée nationale et 12 au Sénat, une vingtaine d’élus socialistes, une poignée de membres de l’UMP, les communistes et le Front de gauche, ainsi que le FN.
Faut-il voir chez les Verts une quelconque marque d’hostilité à l’égard de Bruxelles ? Pas du tout, rétorque Jean-Vincent Placé, qui dit afficher un « non fédéraliste ». Favorable à l’idée que la France devienne une « province » d’Europe, le sénateur réclame une Union européenne où le pouvoir budgétaire s’exerce de manière plus démocratique.
Le refus de la ratification, couplé à la mise en avant de Jean-Vincent Placé, dont les rivalités politiques avec Daniel Cohn-Bendit sont de notoriété publique, ont déclenché un incident politique ce week-end. Furieux, le député européen tance son parti sans détour : « Le conseil fédéral d’hier a été dramatiquement nul », a-t-il déclaré sur BFM TV, annonçant qu’il souhaitait provisoirement se retirer d’EELV.
Au sein du PS, les divergences sont manifestes entre l’aile gauche portée par Marie-Noëlle Lienemann ou encore Jérôme Guedj et les partisans dociles de François Hollande. Mais un terrain d’entente pourrait émerger sur la souplesse que certains élus entendent obtenir de Bruxelles. C’est « à la Commission de dire qu’on ne peut pas demander le même effort aux pays européens lorsqu’il y a de la croissance et lorsqu’il n’y en a pas », a déclaré le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone, le 23 septembre. Même son de cloche chez les Verts : « En juin prochain, on ne sera pas à 3%. Il faudra desserrer l’étau », estime Jean-Vincent Placé. Sinon « les peuples européens, et en particulier le peuple français, ne supporteraont pas cela. »
Un paramètre qui conditionnera fortement le projet de budget 2013, présenté en conseil des ministres vendredi 28 septembre.