Les objectifs de l'UE sur les biocarburants ne sont pas vraiment durables, selon un rapport
Aller au-delà d'une part de 5,6 % de biocarburants dans l'essence pour les transports pourrait endommager l'environnement, selon un nouveau rapport rédigé par la Commission européenne hier (25 mars), qui suggère que l'actuel objectif de l'UE n'est pas vraiment durable.
Aller au-delà d'une part de 5,6 % de biocarburants dans l'essence pour les transports pourrait endommager l'environnement, selon un nouveau rapport rédigé par la Commission européenne hier (25 mars), qui suggère que l'actuel objectif de l'UE n'est pas vraiment durable.
Le rapport, élaboré pour la Commission par l'Institut International de Recherche sur les Politiques Alimentaires (IFPRI), a conclu que le changement indirect d'utilisation des sols a un effet important sur la durabilité environnementale des biocarburants. Néanmoins, il affirme que les objectifs d'énergie renouvelable de l'UE actuels sont assez faibles pour assurer la durabilité environnementale des biocarburants.
La Directive sur les énergies renouvelables de l'UE prévoit une part de 10 % d'énergies renouvelables dans les carburants de transport d'ici 2020. Le rapport estime que seulement 5,6 % de cet objectif sera atteint grâce à des biocarburants de première génération.
Mais les experts affirment qu'il y a une sous estimation flagrante parce que d'autres options – voitures électriques et biocarburants de seconde génération produits à partir de déchets et de semences non alimentaires – ne seront pas disponibles en grande quantité avant 2020.
Ce rapport est le premier d'une série de quatre études que l'exécutif de l'UE a commanditée pour contribuer à ses propres rapports sur les changements indirects d'utilisation des sols causés par les émissions de gaz à effet de serre. Ce rapport, qui doit être rendu d'ici la fin de l'année, va mesurer à quel point la production de biocarburants de première génération contribue aux émissions en remplaçant les semences développées pour la production alimentaire et en accélérant la déforestation. Il soulignera les mesures à prendre pour gérer ces questions.
Les changements indirects d'utilisation des sols compensent en effet une partie des bénéfices des émissions mais ils ne constituent pas une menace au volume actuel estimé de 5,6 % de carburants pour le transport routier requis pour respecter l'obligation de 10 % d'énergie renouvelable d'ici 2020, a déclaré la Commission dans une note.
Le rapport montre cependant que les quantités au dessus de 5,6 % pourraient déboucher sur un risque réel de saper la viabilité environnementale des biocarburants.
La stratégie pour les biocarburants de l'UE semble de moins en moins durable, a déclaré Adrian Bedd, coordinateur pour la campagne des agro-carburants européens au sein de Friends of the Earth Europe. La politique de l'UE met en danger les forêts tropicales mondiales, avec la crise alimentaire et le changement climatique, a-t-il dit, appelant à une révision de l'objectif.
Mais l'industrie a affirmé que cibler seulement les biocarburants ne réglerait pas la question de la déforestation chez les partenaires de l'UE exportateurs d'huile de palme, la Malaisie et l'Indonésie. Seulement une petite part de l'huile de palme entrant dans l'UE est utilisée pour les biocarburants. Le reste l'est pour tout et n'importe quoi, des produits quotidiens comme le rouge à lèvres et les crèmes glacées, l'électricité et le chauffage.
Le Bureau européen des biocarburants (BEB) estime que l'industrie des biocarburants a utilisé seulement environ 4,5 % des importations d'huile de palme en 2008.
Les biocarburants vont être le produit durablement certifié le plus surveillé du monde, a déclaré Raffaello Garofalo, secrétaire général du Bureau européen des biocarburants (BEB). Il a affirmé que l'industrie des biocarburants était heureuse de fixer des standards, mais il a souligné que la prochaine étape serait d'étendre des critères de durabilité similaires à d'autres produits utilisant les mêmes matières premières.