Les partis espagnols règlent leurs comptes lors des discussions sur la catastrophe des inondations au Parlement
Une discussion au Parlement européen sur les inondations à Valence a dégénéré en querelle politique mercredi 13 novembre, les conservateurs et les socialistes espagnols s’accusant mutuellement d’être responsables de la catastrophe qui a tué 223 personnes.
Une discussion au Parlement européen sur les inondations à Valence a dégénéré en querelle politique mercredi 13 novembre, les conservateurs et les socialistes espagnols s’accusant mutuellement d’être responsables de la catastrophe qui a tué 223 personnes.
Les eurodéputés du Partido Popular (PP), parti conservateur espagnol affilié au PPE au Parlement, veulent bloquer la confirmation de Teresa Ribera — la commissaire désignée de leur pays pour la vice-présidence de la Commission européenne pour une Transition propre, Juste et Compétitive et actuelle ministre nationale du climat.
Bien que le gouvernement de Madrid soit dirigé par le Parti socialiste ouvrier (PSOE, Socialistes et Démocrates) de Teresa Ribera, le Partido Popular dirige le gouvernement régional de Valence.
« C’est le cœur lourd et en tant que Valencien, que je demande au groupe socialiste d’avoir la délicatesse de proposer un autre candidat au poste de commissaire espagnol », a déclaré Esteban González Pons, eurodéputé du PP.
« Peu importe que nous soyons écologistes ou libéraux, si nous ne construisons pas les infrastructures nécessaires, si nous construisons des maisons là où il ne faut pas, si nous ne nettoyons pas les canaux, la mort reviendra », a-t-il poursuivi.
Officiellement, l’inscription des inondations de Valence à l’ordre du jour du Parlement mercredi 13 novembre avait pour objet « l’urgence de soutenir les victimes, d’améliorer la préparation et de lutter contre la crise climatique ». Mais la discussion a été dominée par les eurodéputés espagnols qui ont attribué la responsabilité de la catastrophe à leurs adversaires.
Les législateurs conservateurs espagnols, ainsi que les membres du parti d’extrême droite Vox (Patriotes pour l’Europe), ont accusé le gouvernement socialiste de ne pas avoir fourni l’aide nécessaire à temps.
La socialiste espagnole Iratxe García Peréz, qui dirige le groupe de centre gauche des Socialistes & Démocrates du Parlement, a accusé le Partido Popular de propager « la désinformation, la haine, les insultes à la science et le mépris des services publics ».
Elle a également reproché au gouvernement régional de Valence, dirigé par les conservateurs, de ne pas avoir prévenu la population à temps.
« La dignité que nous devons aux victimes exige la transparence et l’absence de mensonges », a-t-elle poursuivi, arguant qu’en vertu de la législation espagnole, le gouvernement régional est responsable de la notification au public des alertes météorologiques extrêmes.
Elle a notamment pointé du doigt Carlos Mazón, président du gouvernement régional de Valence et membre du Partido Popular, qui a résisté aux pressions exercées sur lui pour qu’il démissionne.
« Le 29 octobre, le président Carlos Mazón a passé des heures à manger dans un restaurant après avoir ignoré l’alerte rouge [pour des pluies torrentielles] que l’Agence météorologique nationale avait émise à 7 h 30 du matin », a souligné Iratxe García Peréz. « Il a également ignoré les alertes de pluie de la Confédération hydrographique du Júcar » (fleuve d’Espagne).
Elle a ajouté que le gouvernement régional a refusé à trois reprises les offres de soutien militaire et n’a prévenu la population par SMS qu’à 20 heures, soit près de douze heures après le déclenchement de l’alerte rouge. « Douze heures plus tard, c’était trop tard », a-t-elle conclu.
L’eurodéputé vert espagnol Vicent Marzà i Ibáñez, de Valence, a également mis en cause le gouvernement régional. « J’ai honte que la mort de plus de 200 citoyens valenciens, que plus de 200 000 personnes qui ont perdu tout espoir, qui ont également perdu leurs appartements, qui ont perdu leurs biens et qui se trouvent dans une situation extrêmement difficile, soit utilisée de manière partisane », a-t-il commenté.
« Nous savons parfaitement que plus de 200 décès auraient pu être évités, que la population aurait dû être avertie », a ajouté l’eurodéputé espagnol, appelant le Partido Popular à « prendre ses responsabilités et à se retirer du gouvernement valencien ».