Les partis lettons unis contre la montée de la tendance pro-russe
Hier (18 septembre), les partis lettons de centre-droit ont entamé les négociations visant à former une nouvelle coalition. Ces discussions ont pour objectif de bloquer un parti pro-Russie qui a remporté le plus de voix lors des élections pour la première fois depuis que ce pays balte a conquis son indépendance face à l'Union soviétique en 1991.
Hier (18 septembre), les partis lettons de centre-droit ont entamé les négociations visant à former une nouvelle coalition. Ces discussions ont pour objectif de bloquer un parti pro-Russie qui a remporté le plus de voix lors des élections pour la première fois depuis que ce pays balte a conquis son indépendance face à l'Union soviétique en 1991.
Le Centre de la Concorde, parti de la minorité russophone, est arrivé en tête des élections législatives anticipées de samedi en Lettonie sans pour autant que sa présence au sein d'un futur gouvernement ne soit assurée.
Après dépouillement dans 909 des 1.027 bureaux de vote, le parti qui n'a jamais participé au gouvernement depuis l'indépendance, en 1991, est crédité de 29,5% des voix.
Il devance largement deux formations de centre-droit: le Parti de la réforme, créé par l'ancien président Valdis Zatlers dans sa croisade contre la corruption et les oligarques (20,4%), et le Parti de l'unité du Premier ministre sortant Valdis Dombrovskis (18%).
"Je suis convaincu que les dirigeants lettons seront en mesure de former une coalition où les intérêts de tous les électeurs seront représentés", a déclaré dans la soirée le jeune dirigeant du Centre de la Concorde, Nils Oussakov, 35 ans.
Mais la participation de son parti au gouvernement est loin d'être acquise: les formations de Zatlers et de Dombrovskis sont considérées comme des alliées naturelles et devraient pouvoir s'entendre avec l'Union nationaliste (13%) pour former une coalition majoritaire à la Saeima, le Parlement monocaméral qui compte 100 sièges.
Valdis Dombrovskis, qui prône une poursuite de sa politique d'austérité et une adhésion à l'euro à l'horizon 2014, a du reste déclaré qu'il entamerait dès dimanche des discussions avec la formation de Valdis Zatlers.
Selon les projections de la chaîne de télévision LNT, le Centre de la Concorde devrait obtenir 32 sièges (trois de plus que dans l'assemblée sortante) contre 22 pour le parti de Zatlers et 18 pour celui de Dombrovskis.
En dépit de ses tentatives de rallier des voix au-delà de son électorat traditionnel, le Centre de la Concorde continue à inspirer la méfiance d'une partie de l'électorat dans un pays marqué par 50 ans de tutelle soviétique et risque fort de rester dans l'opposition.
La Lettonie a été touchée de plein fouet par la crise. Son économie a connu une récession de 18% en 2009.
Valdis Dombrovskis a mis en oeuvre une cure d'austérité drastique, avec des baisses des salaires des fonctionnaires et des hausses d'impôts, accompagnée d'une aide internationale de 7,5 milliards d'euros.
Il a mené campagne avec l'appui de Valdis Zatlers sur le thème de la poursuite de la rigueur afin de permettre l'adoption de l'euro en 2014.
L'ancien président a ordonné la dissolution du Parlement après le refus des députés de laisser la police procéder à une perquisition dans un appartement appartenant à un oligarque, également député. Consultés par référendum, les Lettons ont massivement approuvé cette dissolution en juillet.
EURACTIV avec Reuters