Les partis politiques italiens divisés sur le rapport Draghi

Les recommandations de Mario Draghi ont reçu un accueil mitigé en Italie, les réactions dépendant des affiliations politiques des uns et des autres. Pour l’eurodéputé socialiste Giorgio Gori, les critiques de l’ancien président de la Banque centrale européenne sont les véritables « ennemis de l’Europe ».

EURACTIV Italie
Press conference on future of EU competitiveness report in Brussels
« Personne ne nie le défi que représente la mise en pratique de suggestions aussi radicales », a déclaré Giorgio Gori, reconnaissant l’appel de Mario Draghi à l’Union européenne (UE) pour qu’elle prenne des décisions audacieuses. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Les recommandations de Mario Draghi ont reçu un accueil mitigé en Italie, les réactions dépendant des affiliations politiques des uns et des autres. Pour l’eurodéputé Giorgio Gori (Socialistes et Démocrates européens, S&D), les critiques de l’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE) sont les véritables « ennemis de l’Europe ».

Les députés du Parlement européen ont exprimé des avis contrastés sur le rapport de Mario Draghi sur la compétitivité de l’Union européenne (UE). « Personne ne nie le défi que représente la mise en œuvre de suggestions aussi radicales », explique l’eurodéputé socialiste Giorgio Gori.

« Cela demande beaucoup de courage, un courage politique qui n’est peut-être pas garanti au sein des institutions européennes », précise-t-il. « Cela vaut pour le Parlement européen, mais plus encore pour la Commission et le Conseil, où les gouvernements nationaux exercent une plus grande influence que le Parlement. »

En Italie, des partis tels que le Partito Democratico de Giorgio Gori, Forza Italia (Parti populaire européen), Fratelli d’Italia (Conservateurs et Réformistes européens), Azione et Italia Viva (Renew) ont convenu — bien qu’avec certaines nuances — que les propositions de Mario Draghi étaient un pas dans la bonne direction. La Lega (Patriotes pour l’Europe) et le Mouvement cinq étoiles (La Gauche, GUE/NGL) ne semblent pas de cet avis.

Pour Giorgio Gori, les deux partis « partagent un même passé ». « Ils ont gouverné ensemble à un certain moment de l’histoire politique de l’Italie, et les populismes, de gauche comme de droite, n’ont jamais brillé pour leurs positions pro-européennes ».

Ainsi, pour le sénateur de la Lega Claudio Borghi, chaque ligne du rapport de Mario Draghi constitue « une menace mortelle » pour l’Italie, comme il l’écrit sur X. Pour ce dernier, l’ancien président de la BCE veut faire de l’Italie « la prochaine Grèce par vengeance ».

De son côté, Pasquale Tridico, le chef de la délégation du Mouvement cinq étoiles au Parlement européen, explique que le rapport Drghi condamne les politiques néolibérales qui sont mises en place par l’UE. Selon lui, la réforme du Pacte de stabilité et de croissance est par exemple incompatible avec les investissements à grande échelle préconisés dans le rapport.

En fin de compte, Giorgio Gori se dit convaincu que les recommandations de Mario Draghi sont justes, même s’il se demande si l’UE est capable d’avoir la volonté politique nécessaire pour agir. « Mario Draghi nous avertit que nous risquons d’assister à la mort de l’UE. C’est dire l’ampleur des décisions auxquelles nous sommes confrontés », conclut-il.

[Édité par Anne-Sophie Gayet et Laurent Geslin]