Les pays baltes et nordiques augmentent l’aide à l’Ukraine en prévision du retour de Donald Trump à la Maison-Blanche
Les pays baltes et nordiques, rejoints par la Pologne, ont convenu d’augmenter l’aide à l’Ukraine lors d’un sommet régional en Suède mercredi 27 novembre — dans une démonstration d’unité avant le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis.
Les pays baltes et nordiques, rejoints par la Pologne, ont convenu d’augmenter l’aide à l’Ukraine lors d’un sommet régional en Suède mercredi 27 novembre — dans une démonstration d’unité avant le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis en janvier, que craignent de nombreux pays européens.
Après une discussion sur les relations transatlantiques et la sécurité régionale dans leur voisinage, les pays baltes et nordiques ainsi que la Pologne ont annoncé qu’ils augmenteront leur soutien à Kiev.
« Nos pays sont déjà les plus grands donateurs d’aide militaire à l’Ukraine par habitant. Nous allons intensifier nos efforts, notamment en faveur de l’industrie de défense ukrainienne et en investissant pour améliorer l’accès de l’Ukraine aux munitions », a déclaré le Premier ministre suédois, Ulf Kristersson, mercredi 27 novembre, lors de la conférence de presse organisée en marge du sommet régional qui se tenait en Suède.
« Si l’Ukraine perd [la guerre contre la Russie], nous perdons tous », a soutenu son homologue polonais Donald Tusk, dont le pays assurera la présidence du Conseil de l’Union européenne (UE) à partir de janvier.
« Nous ne parlons pas seulement de l’Ukraine, nous ne parlons pas seulement de la Russie, nous parlons de notre sécurité », a-t-il ajouté.
La déclaration commune indique également que les pays signataires considèrent la Russie comme « la menace la plus importante et la plus directe pour notre sécurité à long terme » et qu’ils soutiennent le « plan de victoire » présenté par l’Ukraine. Celui-ci prévoit l’adhésion à l’OTAN et le tir de missiles à longue portée sur des cibles à l’intérieur de la Russie. Récemment, Washington a autorisé l’utilisation par Kiev de ses missiles de longue portée à cette fin.
Le sommet, qui portera également sur la coopération régionale, intervient à la fin du mandat de la Suède en tant que coordinatrice du format informel Nordic-Baltic Eight (NB8) pour la coopération en matière de politique étrangère et de sécurité.
Le NB8 est un format de coopération politique qui réunit les cinq pays nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège et Suède) et les trois États baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) pour relever ensemble les défis régionaux et internationaux.
Se préparer au retour de Donald Trump et aux dépenses militaires
Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche suscite un certain malaise parmi les dirigeants européens, notamment en raison de son intention de mettre fin à la guerre en Ukraine en négociant directement avec le président russe Vladimir Poutine — une annonce qui n’a pas plu à tout le monde.
Les pays européens membres de l’OTAN craignent également que Donald Trump réduise l’aide américaine à l’Ukraine et placent l’UE à l’écart des négociations de paix.
« Nous ne devons pas nous faire d’illusions sur les perspectives des semaines et des mois à venir. Cela signifie que nous, dans ce groupe, l’Europe et l’OTAN, devons être prêts, si nécessaire, à remplacer une partie du soutien si la décision des États-Unis est ce qu’elle semble être aujourd’hui », a affirmé Donald Tusk.
Les propos du responsable politique polonais ont fait écho au souhait de l’Ukraine de ne pas être exclue des négociations de paix qui pourraient être menées par le républicain.
« En tant que futur État membre de l’UE, la sécurité à long terme de l’Ukraine est directement liée aux politiques de l’UE et à l’intérêt collectif en matière de sécurité », a confié l’ambassadeur Vsevolod Chentsov, chef de la mission de l’Ukraine auprès de l’UE, à Euractiv.
« Exclure l’UE des discussions sur l’avenir de l’Ukraine ne tiendrait pas compte de son rôle en tant que partie prenante clé et saperait les principes d’unité et de solidarité qui définiront la place de l’Ukraine au sein de l’Union », a-t-il ajouté.
Les participants au sommet ont également discuté des critiques émises par Donald Trump à l’encontre de certains alliés européens de l’OTAN, qui n’ont pas encore atteint le seuil de 2 % du PIB national accordé aux dépenses militaires.
« Nous sommes tous d’accord pour donner la priorité aux dépenses de défense et pour fournir plus de fonds que l’objectif de 2 % de l’OTAN », a indiqué Ulf Kristersson.
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a néanmoins souligné l’importance des relations avec Washington.
« Étant donné la présence de soldats nord-coréens en Europe, nous devons maintenir une coopération étroite avec les États-Unis », a-t-elle souligné.
Depuis la réélection de Donald Trump, les dirigeants européens se rencontrent plus régulièrement pour se coordonner sur des questions stratégiques clés. Parmi les initiatives récentes, l’on peut citer les réunions entre les représentants de l’Allemagne, de la France, de l’Italie, du Royaume-Uni et de la Pologne, dans le cadre d’un nouveau format connu sous le nom d’E5.
Le sommet en Suède ne fait pas partie du format E5, mais il s’inscrit dans cet élan diplomatique européen, lancé par Donald Tusk quelques jours après la victoire de Donald Trump.
Emmanuel Macron a également participé au sommet Nordic-Baltic Eight, mais à distance.
Patrouilles communes en mer Baltique
Dans le cadre des discussions sur la coopération régionale, Donald Tusk a proposé une nouvelle patrouille navale conjointe de l’OTAN en mer Baltique.
Ce dernier a évoqué « une coopération entre les pays riverains de la mer Baltique qui partagent le même sentiment de menace de la part de la Russie ».
Cette proposition intervient dans un contexte de tensions accrues dans la région. La semaine dernière, des câbles sous-marins ont été sectionnés en mer Baltique, dans la zone économique suédoise.
Les autorités suédoises et finlandaises enquêtent actuellement sur ce sabotage. La Russie est soupçonnée d’avoir utilisé un navire chinois pour effectuer le sabotage.
Selon le Premier ministre polonais, la région de la mer Baltique est devenue une arène des évolutions géopolitiques.
« La guerre [en Ukraine] a complètement changé la réalité de notre région, la réalité de toute l’Europe, des pays scandinaves et baltes », a-t-il soutenu, concluant que la région avait besoin de « d’outils ambitieux pour contrer les nouvelles menaces ».
[Édité par Anne-Sophie Gayet]