Les pays en développement priés d’interdire un pesticide toxique

L’organisation de l’ONU pour l’agriculture a exhorté les gouvernements des pays en développement à interdire un pesticide toxique, déjà proscrit dans l’UE. Cette demande fait suite à la mort d’une vingtaine d’enfants en Inde.

EURACTIV.com
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L’organisation de l’ONU pour l’agriculture a exhorté les gouvernements des pays en développement à interdire un pesticide toxique, déjà proscrit dans l’UE. Cette demande fait suite à la mort d’une vingtaine d’enfants en Inde.

Dans un communiqué du 30 juillet, l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) estime que le monocrotophos, un insecticide présent dans la nourriture d'une école indienne, « met souvent en péril la santé publique et l'environnement ».

 

Vingt-trois écoliers ont trouvé la mort le 17 juillet après avoir mangé à la cantine un repas préparé avec de l'huile contenant des traces de ce pesticide. Selon le quotidien Indian Express, les autorités ont ignoré des dizaines de plaintes de parents d'enfants tombés malades après avoir mangé des repas proposés dans le cadre du programme nutritionnel du gouvernement.

 

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a prié l'Inde d'interdire la vente du monocrotophos en raison des risques pour la santé publique et la vie sauvage. Les agriculteurs pauvres utilisent également cet insecticide pour se suicider.

 

Les pesticides et les engrais sont considérés comme indispensables à l'amélioration de la production agricole, mais leur utilisation suscite de vives controverses. Des organisations de défense de l'environnement affirment qu'ils détruisent les habitats et la productivité naturelle des sols. Et polluent l'air et l'eau.

 

Nouvelles interdictions dans l'UE

 

Sous la pression d'organisations militantes, l'UE a récemment interdit plusieurs pesticides liés au déclin des abeilles. L'Agence européenne pour l'environnement a en outre prévenu que les papillons étaient en voie d'extinction en Europe en partie à cause de l'agriculture intensive.

 

Dans les pays moins développés, la mauvaise application d’engrais et de pesticides affecte la qualité des sols et les réserves d'eau souterraine. Et les agriculteurs qui ne portent pas de tenues de protection tombent malades.

 

Du monocrotophos a été retrouvé dans la nourriture des enfants décédés à Bihar, en Inde. Ce pesticide est interdit entre autres aux États-Unis et dans l'UE. Il est toutefois largement disponible en Inde.

 

« La tragédie de Bihar souligne que le stockage des pesticides et l'élimination en toute sécurité de leurs conteneurs vides sont des mesures de réduction de risques tout aussi cruciales que les règles de terrain plus diffuses comme le port de masques et de tenues de protection appropriés », peut-on lire dans le communiqué de la FAO.

 

« Le cycle complet de distribution et d'élimination des pesticides dangereux comporte des risques considérables. Les mesures de sauvegarde sont difficiles à appliquer dans de nombreux pays », poursuit l'organisation basée à Rome.

 

Malgré ses mises en garde sur les pesticides dangereux, la FAO a appelé à l'agriculture intensive et à des investissements supplémentaires afin de répondre à la croissance prévue de la population. Dans un rapport récent, elle a exhorté les donateurs et leurs partenaires dans les pays en développement à renverser une baisse dans les investissements agricoles depuis deux générations afin d'aborder les besoins alimentaires et nutritionnels dans les pays pauvres.

 

« Si les gouvernements et les partenaires de développement investissent dans l’agriculture, c'est parce que l’amélioration de la productivité agricole peut produire trois avantages étroitement liés pour la société : croissance économique et réduction de la pauvreté, sécurité alimentaire et nutritionnelle, et environnement durable. »

 

Ce rapport met en évidence la forte baisse dans les investissements et l'aide des donateurs au profit de l'agriculture, dont la part d'aide a chuté de 18,8 % en 1980 à 5,9 % en 2010, dans les pays en développement et à revenus intermédiaires. En Afrique subsaharienne, l'aide agricole est passée de 19,6 % à 7,4 % au cours de la même période.