Les plans énergie-climat des États membres d’Europe centrale et de l’Est manquent d’ambition, selon des ONG

Aucun des États membres d’Europe centrale et de l’Est n’a remis son plan national énergie-climat à la Commission à temps, et avant la date limite du 30 juin, les ONG environnementales avaient déjà dénoncé le manque d’ambition de leurs projets de décarbonation.

Euractiv.com
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shutterstock_1914275629-1-1024x576 [Shutterstock/kapichka]

Aucun des États membres d’Europe centrale et de l’Est n’a remis son plan national pour l’énergie et le climat (PNEC) à la Commission européenne à temps, et avant la date limite du 30 juin, les ONG environnementales avaient déjà dénoncé le manque d’ambition des plans de décarbonation de ces pays.

Les États membres de l’Union européenne étaient tenus de soumettre leurs PNEC finaux ce dimanche (30 juin) au plus tard. Ces derniers devaient être basés sur des projets de plans soumis en 2023 et devaient intégrer les commentaires de la Commission sur les premières versions.

L’une des principales recommandations de l’évaluation de la Commission au sujet de la mise à jour des PNEC des Vingt-Sept, publiée en décembre 2023, est que « en ce qui concerne les subventions accordées aux combustibles fossiles, un effort collectif des États membres est nécessaire pour fixer un calendrier clair et crédible pour leur élimination progressive ».

Sur ce point précis, aucun des États membres d’Europe centrale et orientale (PECO) n’atteint le niveau d’ambition requis et ne décrit les mesures qui permettront de réduire de manière adéquate l’utilisation des combustibles fossiles, ont estimé des ONG environnementales européennes.

Dans un communiqué de presse du 27 juin, l’ONG CEE Bankwatch Network dresse notamment le constat que « la région ne parvient pas à s’engager clairement sur la voie de la décarbonation ».

Des progrès insuffisants

« En règle générale, les PECO augmentent leur objectif en matière d’énergies renouvelables dans les PNEC [finaux] par rapport aux versions de 2019, mais au strict minimum », confie Christophe Jost, Senior EU Policy Officer à la CEE Bankwatch Network, à Euractiv.

En effet, les objectifs affichés par les pays de cette région sont tous en deçà des recommandations de la directive révisée sur les énergies renouvelables. Par exemple, la Pologne tend vers un objectif de 29,8 % de renouvelable alors que les instructions sont de 32 % minimum, la Hongrie propose 29 % contre 34 % et la Slovaquie 23 % contre 35 % prévus.

De plus, la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique de ces pays ne risque pas d’augmenter car pour Johanna Kuld, responsable de la campagne internationale sur les finances publiques au sein de la même ONG, « les États membres d’Europe de l’Est prévoient d’investir massivement dans les infrastructures de gaz fossile, malgré la nécessité urgente d’agir pour le climat ».

Les PECO se concentrent maintenant en priorité sur la diversification des sources d’approvisionnement énergétiques. En effet, nombreux sont les États de cette région qui dépendaient du gaz ou des hydrocarbures russes et ont cherché une alternative pour des raisons de sécurité.

De ce fait, un investissement important a été accordé dans différents projets gaziers en Bulgarie, en Hongrie, en Pologne, en Roumanie, en Lettonie et en Slovaquie, si l’on en croit le rapport de CEE Bankwatch Network

Un manque d’investissement et d’ambition

Pour augmenter la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique d’un pays, il est nécessaire d’investir massivement dans les réseaux électriques, les solutions de stockage et les réseaux intelligents. Or, les ONG environnementales n’ont de cesse de dénoncer la capacité inadéquate des réseaux électriques en Europe centrale et de l’Est.

Pour Christophe Jost, « cela conduit les gouvernements à continuer d’investir dans des combustibles fossiles dangereux, dans une énergie nucléaire coûteuse et incertaine ainsi que dans d’autres projets douteux ».

Interrogée par Euractiv, Barbora Urbanova, directrice du Centre for Transport and Energy (CDE) en République tchèque, donne d’autres raisons de ce désintérêt pour les énergies renouvelables dans les PECO.

Parmi ces raisons, « un manque de compréhension des opportunités et des avantages de la transition énergétique, un sentiment persistant que la politique climatique est imposée de l’extérieur [par Bruxelles], une industrie traditionnelle à fortes émissions et une dépendance au charbon, mais aussi des performances économiques inférieures à celles des pays occidentaux et la crainte de se retrouver dans la pauvreté ».

Les PECO ne sont toutefois pas les seuls à avoir manqué la date limite du 30 juin pour rendre leurs PNEC. La Commission a indiqué lundi (1er juillet), que seuls quatre pays ont soumis leur PNEC final à temps : les Pays-Bas, la Suède, la Finlande et le Danemark.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]