Les règles relatives aux fonds propres des banques freinent l’emprunt

Les lobbies d’affaires européens ont lancé une campagne visant à permettre aux petits investisseurs, tels que les fonds de capital-risque, d’opérer au-delà des frontières, alors que le crédit bancaire menace de s’assécher.

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Les lobbies d’affaires européens ont lancé une campagne visant à permettre aux petits investisseurs, tels que les fonds de capital-risque, d’opérer au-delà des frontières, alors que le crédit bancaire menace de s’assécher.

BusinessEurope, le lobby des entreprises, a écrit à la Commission européenne afin de réclamer un passeport européen pour les fonds visant à lever des capitaux au-delà des frontières. Le groupe estime en effet que les nouvelles règles sur les gros montants de capitaux pour les banques porteront atteinte aux start-ups souhaitant emprunter.

En Europe, les entreprises, et surtout les PME, dépendent largement des prêts que leur accordent les banques nationales pour financer leurs projets. 

« De nombreuses règles nationales limitent les fonds de petite taille aux Etats membres où ils se trouvent. Ils ne peuvent généralement pas commercialiser leurs fonds dans d'autres pays », a déclaré Erik Berggren, de BusinessEurope, à EURACTIV.

Dans une lettre adressée au commissaire européen en charge des finances, Michel Barnier, BusinessEurope plaide pour la création d'un passeport pour tous les petits investisseurs, car les entreprises rencontreront des difficultés à obtenir de l'argent auprès de banques qui ont dû tripler le montant de leurs immobilisations corporelles.

« La portée d'une telle proposition devrait être importante, afin d’inclure les fonds de capital-risque et les fonds de capital-investissement pour les entreprises, ainsi que les autres investisseurs, comme les investisseurs providentiels, les particuliers très fortunés et les entreprises privées, dans la mesure où ils représentent une part importante de l'ensemble des investisseurs des fonds de petite taille », peut-on lire dans la lettre envoyée hier (16 août).

En tout, les banques devront lever environ 423 milliards d'euros d'ici 2019 pour se conformer aux Accords de Bâle III et à la directive sur l'adéquation des fonds propres (CRD), selon un projet de proposition présenté en juillet.

Pas seulement la dette souveraine

BusinessEurope soutient également que les banques accordent toujours plus leur confiance aux dettes souveraines qu'aux actions des sociétés, et ce malgré l'envolée des dettes publiques de nombreux pays européens.

Les dettes souveraines comportent généralement mois de risques, étant donné que par le passé, les pays sont parvenus à rembourser leurs dettes plus rapidement que le secteur privé. L'actuelle crise de la dette souveraine, cependant, pose la question de la fiabilité des Etats.  

Des règles plus strictes sur le capital ont été instaurées, dans la mesure où pendant la crise, il est apparu que de nombreux prêteurs détenaient dans leurs comptes plus d'actifs empruntés et toxiques que de capital réel.

Les entrepreneurs et les start-ups souffrent encore de la crise, car les bailleurs de capitaux à risque et les autres petits investisseurs freinent leurs dépenses.

Les investisseurs de capital-risque placent souvent leur argent dans de jeunes entreprises, s'attendant à faire des bénéfices par la suite, lorsque les start-ups entrent en bourse ou sont rachetées par de plus grandes sociétés.