Les remarques ethniques d'Angela Merkel mettent le feu aux poudres

La tentative de l'Allemagne pour créer une société multiculturelle a "échoué en beauté", a déclaré Angela Merkel le 16 octobre, ajoutant de l'huile sur le feu dans un débat sur l'immigration et l'Islam divisant les conservateurs.

merkel_angela_7_pic_ec.jpg
merkel_angela_7_pic_ec.jpg

La tentative de l'Allemagne pour créer une société multiculturelle a "échoué en beauté", a déclaré Angela Merkel le 16 octobre, ajoutant de l'huile sur le feu dans un débat sur l'immigration et l'Islam divisant les conservateurs.

Lors d'une réunion des jeunes membres du parti démocrate chrétien (CDU), Angela Merkel a déclaré que permettre à des personnes d'origines culturelles différentes de vivre côte à côte sans intégration n'avait pas fonctionné dans un pays qui compte quelques quatre millions de musulmans.

"Cette approche [multiculturelle] a échoué, en beauté", a dit Mme Merkel lors de la réunion organisée à Potsdam dans le sud de Berlin.

La chancelière fait face à des pressions à l'intérieur du CDU pour une politique plus stricte sur les immigrants ne montrant pas le souhait de s'adapter à la société allemande et ses commentaires sembleraient viser à atténuer ces critiques.

Elle a déclaré que trop peu de choses avaient été exigées des immigrants dans le passé et elle a répété sa position habituelle stipulant qu'ils devraient apprendre l'allemand afin d'intégrer les écoles et d'avoir accès à des opportunités sur le marché du travail.

Le débat sur les étrangers en Allemagne a été relancé depuis que l'ancien fonctionnaire de la Banque centrale Thilo Sarrazin a publié un livre accusant les immigrants musulmans de faire baisser le niveau d'intelligence de la société allemande.

Sarrazin a été décrié pour ses opinions et renvoyé de la Bundesbank, mais son livre s'est avéré très populaire et les sondages ont montré qu'une majorité d'Allemands étaient d'accord avec ses arguments.

Mme Merkel tente de concilier les deux parties du débat en étant ferme sur l'intégration mais en rappelant aussi aux Allemands qu'ils doivent accepter le fait que les mosquées fassent désormais partie de leur paysage.

Elle a déclaré samedi que l'éducation des Allemands sans emploi devrait être prioritaire sur le recrutement de travailleurs provenant de l'étranger, reconnaissant que l'Allemagne ne s'en sortirait pas sans les travailleurs étrangers qualifiés.

Dans une interview donnée dans un journal ce week-end, sa ministre du travail Ursula von der Leyen (CDU) a émis la possibilité d'un rabaissement des barrières pour l'entrée de certains travailleurs étrangers afin de lutter contre le manque de travailleurs qualifiés dans la plus grande économie d'Europe.

"Depuis quelques années, le nombre de personnes qui quitte le pays est supérieur à celui qui y entre", a-t-elle expliqué au journal Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung. "Partout où c'est possible, nous devons réduire les obstacles à l'entrée de ceux qui tirent le pays vers l'avant".

La Chambre allemande de l'industrie et du commerce (DIHK) a déclaré que l'Allemagne nécessitait 400 000 travailleurs qualifiés.

Toutefois, Horst Seehofer, à la tête de l'Union chrétienne-sociale de Bavière (CSU), le petit frère du CDU, a rejeté tout assouplissement des lois d'immigration et a dit la semaine passée qu'il n'y avait pas de place en Allemagne pour davantage de personnes issues de "cultures étrangères".

 (EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV)