Les services spéciaux bulgares enquêtent sur l’explosion d’un camion sur un pont de Crimée
Le service de contre-espionnage bulgare enquête sur les allégations russes selon lesquelles le camion qui a explosé sur le pont de Crimée provenait de Bulgarie.
Le service de contre-espionnage bulgare enquête sur les allégations russes selon lesquelles le camion qui a explosé sur le pont de Crimée provenait de Bulgarie.
Les investigations ont commencé immédiatement après que le Kremlin a diffusé l’information, sur ordre du Premier ministre bulgare Galab Donev. Les services spéciaux ont également informé le parquet bulgare de cette situation.
« Des inspections sont effectuées par l’Agence d’État pour la sécurité nationale (SANS) et le ministère de l’Intérieur », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Anton Kutev.
Dimanche (9 octobre), le chef du Comité d’enquête russe, Alexandre Bastrykine, a annoncé, lors d’une réunion avec le président russe Vladimir Poutine, que le camion qui a fait exploser le pont de Crimée partait de la Bulgarie et devait ensuite passer par la Géorgie, l’Arménie, l’Ossétie du Nord et la région de Krasnodar.
Toutefois, le porte-parole de la Commission européenne, Peter Stano, a déclaré que les propos de M. Bastrykine n’étaient pas fiables.
« Nous n’avons aucun moyen de savoir ce qui s’est passé samedi sur le pont, ce qui a conduit à l’explosion, quelles en sont les raisons. Vous connaissez la crédibilité de tant de soi-disant “enquêtes” en Russie. Je n’accorderais pas la moindre crédibilité à ce qu’elles avancent », aurait-il déclaré selon les médias bulgares.
M. Stano a rappelé que la Crimée fait partie de l’Ukraine et que le pont de Kertch est une installation illégale.
Boyko Borissov, ancien Premier ministre et leader du parti bulgare des Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (Graždani za evropejsko razvitie na Bǎlgarija, GERB), qui a remporté les dernières élections et tente à présent de former une coalition, a déclaré que les termes « piste bulgare » étaient de mauvais goût. Il a expliqué qu’il est impossible que les explosifs aient été chargés en Bulgarie, car il est impossible qu’ils puissent traverser la frontière.
« Si j’étais à la place des services russes, je m’intéresserais plutôt à l’endroit où le camion a été chargé et à la raison de l’explosion. C’est cela qui est important… Maintenant, en temps de guerre, tout le monde cherche à évacuer la tension », a ajouté M. Borissov. Selon lui, les citoyens de notre pays sont déjà fatigués et effrayés car « la guerre en Ukraine devient de plus en plus terrible ».
Le leader du parti Continuons le changement (Prodălzhavame promyanata, PP) et ancien premier ministre Kiril Petkov a quant à lui appelé le gouvernement provisoire à rejeter les allusions du Kremlin concernant un éventuel lien entre la Bulgarie et le bombardement du pont de Crimée.
« Nous sommes en désaccord avec les propos alarmistes, l’appel à la panique du Kremlin et l’implication du nom de la Bulgarie dans les événements liés au pont de Crimée. Nous appelons les autorités bulgares et le gouvernement provisoire à enquêter immédiatement sur cette affaire et à rejeter les insinuations du Kremlin sur un lien bulgare avec cet événement. Le temps presse », a déclaré M. Petkov.