Les sociaux-démocrates allemands dévoilent leur projet pour la croissance

Les sociaux-démocrates allemands ont fait savoir au président français, François Hollande, qu'ils soutenaient son idée de faire adopter un pacte de croissance à l'échelle de l'UE. Ils souhaiteraient toutefois qu'il s'agisse d'un pacte à part du pacte budgétaire. Un reportage d'EURACTIV Allemagne.

EURACTIV.com
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Les sociaux-démocrates allemands ont fait savoir au président français, François Hollande, qu'ils soutenaient son idée de faire adopter un pacte de croissance à l'échelle de l'UE. Ils souhaiteraient toutefois qu'il s'agisse d'un pacte à part du pacte budgétaire. Un reportage d'EURACTIV Allemagne.

Les dirigeants du SPD, Sigmar Gabriel, Frank-Walter Steinmeyer et Peer Steinbruck ont publié hier (15 mai) un document de 5 pages intitulé « Sortir de la crise : prendre en compte la croissance et l'emploi en Europe ».

« Nous avons élaboré notre programme en étroite collaboration avec les socialistes français », a déclaré Sigmar Gabriel.

Le principal message du SPD est clair : on ne touche pas au pacte budgétaire. Les sociaux-démocrates allemands souhaiteraient plutôt le compléter avec des mesures de relance favorisant les investissements. Ces mesures ne devraient cependant pas être synonymes d'accroissement de la dette.

« Le pacte budgétaire ne sera pas au coeur des négociations. Nous voulons le compléter », a expliqué M. Gabriel.

« Nous ne voulons pas à nouveau emprunter le chemin de la dette. C'est exclu. Il s'agit d'une leçon que nous devrions tirer de la crise européenne. Nous proposons de compléter les initiatives de rigueur budgétaire avec des mesures de croissance. Mais ces mesures doivent être financées », aurait affirmé le leader du groupe parlementaire du SPD, Frank-Walter Steinmeier.

La piètre situation sociale dans certains pays menace les fondations de l'intégration européenne, ont mis en garde les décideurs du SPD. C'est la raison pour laquelle ils souhaitent lancer un programme favorisant l'emploi des jeunes et qui serait « d'abord financé par les ressources non utilisées du Fonds social européen ».

La création d'un Fonds européen d'investissement est au coeur du projet du SPD. Cet instrument, fort de 80 milliards d'euros issus de différentes sources, devrait permettre à l'UE d'investir rapidement dans des projets ciblés dans les pays en crise.

Le SPD souhaiterait par ailleurs augmenter la puissance de feu de la Banque européenne d'investissement, une idée défendue par François Hollande. Après une période de silence, le gouvernement d'Angela Merkel s'est lui aussi déclaré en faveur de cette mesure.

Le SPD propose d'augmenter les fonds propres de la BEI de 10 milliards d'euros. La banque pourrait donc mettre à disposition 80 milliards d'euros de fonds supplémentaires pour soutenir la relance économique en Europe, ont expliqué les leaders du SPD.

Les emprunts obligataires pour le financement de projets (« project bonds ») sont aussi sur la liste de mesures dévoilée par le parti. « Tout comme nos amis français, nous pensons qu'il est nécessaire de surmonter l'opposition aux emprunts obligataires pour le financement de projets », a déclaré Frank-Walter Steinmeier.

Le gouvernement allemand ne s'oppose d'ailleurs plus au lancement d'une phase pilote. La proposition de la Commission, soumise en octobre 2011, sera bientôt adoptée par le Conseil, a confié un diplomate européen à EURACTIV France.

Pour financer la croissance et la création d'emplois, le SPD promeut l'introduction d'une taxe sur les transactions financières (TTF). Le président français mise lui aussi sur cette idée. Le Royaume-Uni reste vivement opposé à l'introduction d'une TTF, dans la mesure où elle a peur des conséquences qu'une telle mesure pourrait avoir sur la City de Londres. Les sociaux-démocrates envisagent dès lors une coopération renforcée entre au moins neuf pays de l'UE.

Les trois dirigeants du SPD ont confirmé que le vote sur le pacte budgétaire au Bundestag ne pourrait pas avoir lieu le 25 mai comme c'était prévu.

« Cette date n'est plus sur la table et aucune nouvelle date n'a été fixée », a affirmé M. Steinmeier.