Les Tchèques font pression pour que l’UE se concentre davantage sur l’électricité [FR]

L’UE devrait se concentrer sur le développement d’une nouvelle production énergétique et d’une nouvelle capacité de transport, parce que la sécurité énergétique n’est pas uniquement une question de diversification de l’approvisionnement en vue de moins compter sur le pétrole et le gaz. C’est ce qu’ont indiqué les intervenants lors d’une conférence organisée par la présidence tchèque de l’UE. Reportage d’Ostrava par EURACTIV République tchèque.

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L’UE devrait se concentrer sur le développement d’une nouvelle production énergétique et d’une nouvelle capacité de transport, parce que la sécurité énergétique n’est pas uniquement une question de diversification de l’approvisionnement en vue de moins compter sur le pétrole et le gaz. C’est ce qu’ont indiqué les intervenants lors d’une conférence organisée par la présidence tchèque de l’UE. Reportage d’Ostrava par EURACTIV République tchèque.

Les conférenciers ont souligné l’importance d’investir dans de nouvelles capacités de transport, tant au niveau national que transfrontalier, pour assurer un meilleur fonctionnement du marché intérieur de l’électricité et pour atteindre d’ici à 2020 les objectifs européens en matière d’énergies renouvelables. 

Mirek Topolanek, Premier ministre tchèque et hôte de la conférence, a déclaré que les réseaux de transport devaient être améliorés étant donné qu’ils ont préalablement été conçus pour les besoins individuels des Etats membres et pas pour un commerce transfrontalier au sein du marché intérieur européen. 

« Sans une politique énergétique commune, le marché intérieur n’existera que sur le papier, la solidarité européenne ne sera qu’un concept vide et la sécurité énergétique qu’une chimère », a déclaré M. Topolanek. 

L’Europe, a-t-il ajouté, devrait examiner la question des sources d’énergie sur lesquelles elle souhaite compter pour diminuer sa dépendance aux importations de pétrole et de gaz et pour atteindre ses objectifs en matière d’environnement. L’insuffisance des capacités de production « est la raison principale du fait que le prix de l’électricité non seulement [n’a pas baissé] pas dans le cadre du marché libéralisé, mais augmentait même jusqu’au moment où la crise a éclaté », selon M. Topolanek.

Les participants se sont accordés sur le fait qu’aucune technologie ne devrait être exclue, y compris le nucléaire, tant qu’elles sont conformes aux exigences en termes de sécurité et d’environnement. Les décisions relatives au bouquet énergétique devraient rester du ressort des gouvernements nationaux, a-t-il conclu. 

Construire un véritable réseau européen

Mais la principale conclusion de la conférence est qu’il faut construire de nouvelles capacités de transport. A cet égard, la coordination entre les Etats membres est nécessaire, selon les conclusions de la conférence. De plus, le besoin de simplifier et d’harmoniser les procédures d’autorisation pour la construction de nouvelles lignes à haute tension a été mis en avant. 

Les conférenciers ont salué l’octroi récent de 3,5 milliards d’euros pour le développement du secteur de l’énergie, montant principalement destiné au transport (EURACTIV 29/01/09). L’un des thèmes récurrents de la conférence était celui des sources d’énergie renouvelable (en particulier l’énergie éolienne) et leur impact sur la stabilité du réseau. 

Tarif unique : la proposition tchèque 

La présidence tchèque a en outre présenté une proposition concernant le « tarif unique » pour le transport international d’énergie. 

Conformément aux règles actuelles, le transport d’électricité transfrontalier entre les Etats membres de l’UE n’est pas compensé par l’acheteur d’énergie. Les frais de transport sont en fait payés par les consommateurs du pays par lequel l’énergie est acheminée. 

En d’autres termes, lorsque le consommateur autrichien achète de l’énergie allemande et que celle-ci est transportée via la République tchèque, ce n’est pas l’acheteur autrichien qui paie les frais de transport, mais les consommateurs tchèques. Cette règle, qui a été instituée par le passé pour promouvoir le commerce transfrontalier, a été considérée comme injuste par les participants à la conférence.  

Il a été suggéré que le produit de ces frais pourrait être dès lors investi dans le renforcement des réseaux. M. Topolanek a déclaré que Prague souhaiterait aborder la question au cours des discussions relatives au troisième paquet de libéralisation que la présidence espère pouvoir conclure avant la fin du mandat de l’actuel Parlement. 

Le vice Premier ministre Alexandr Vondra, responsable des Affaires européennes, a déclaré à EURACTIV.cz que la décision finale devrait se fonder sur un compromis conclu par les Etats membres en octobre 2008 (EURACTIV 13/10/08).   

Il a indiqué que la présidence pourrait présenter des concessions à l’intention du Parlement dans le domaine de la protection des consommateurs, soulignant que cette question n’est pas trop sensible pour les Etats membres, mais qu’elle pourrait intéresser les eurodéputés dans le contexte des élections européennes à venir.