Les villes connectées provoqueront l’explosion des données

ÉDITION SPÉCIALE / D’ici 2018, les opérateurs de téléphonie mobile engrangeront plus de recettes provenant de l’ensemble des données proprement dites que de leurs services traditionnels d'appels vocaux alors que le monde se tourne vers des villes hyperconnectées, prédisent des analystes du secteur. Les normes technologiques restent cependant rares. Un reportage d’EURACTIV depuis le congrès GSMA à Barcelone.

/ EURACTIV.fr
Connected Europe small.jpg
Connected Europe small.jpg

ÉDITION SPÉCIALE / D’ici 2018, les opérateurs de téléphonie mobile engrangeront plus de recettes provenant de l’ensemble des données proprement dites que de leurs services traditionnels d'appels vocaux alors que le monde se tourne vers des villes hyperconnectées, prédisent des analystes du secteur. Les normes technologiques restent cependant rares. Un reportage d’EURACTIV depuis le congrès GSMA à Barcelone.

Selon un nouveau rapport du secteur publié hier (25 février) lors du Global Mobile Congress à Barcelone, les services mobiles révolutionneront la vie des gens au cours des cinq prochaines années.

L’explosion des données mobiles est alimentée par la hausse de la demande en appareils connectés et de communication de machine à machine dans le domaine de la santé, de l'enseignement, de la mesure de l'énergie et des émissions de carbone, indique le rapport de GSMA, l'association qui représente des opérateurs de téléphonie mobile, élaboré en collaboration avec des consultants de PwC.

GSMA met en évidence des exemples de services mobiles lors d'une exposition consacrée à une ville connectée au cours du Mobile World Congress, cette semaine.

Des robots pédagogiques et des appareils de suivi médical

Parmi les innovations figurent des robots qui enseignent des langues aux enfants grâce à des histoires animées qui utilisent leur visage et des appareils domotiques tels que des portes qui se ferment à distance et des machines qui nourrissent automatiquement des animaux de compagnie.

Des remèdes médicaux pourraient permettre d'économiser 305 milliards d'euros de soins de santé dans les pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques, selon ce rapport.

Un stand à l’exposition de Barcelone a démontré comment des diabétiques pourraient surveiller leur taux de sucre dans le sang grâce à un appareil numérique lâchement attaché à la peau.

Les coûts du traitement des diabétiques peuvent être élevés puisque les taux de sucre sont difficiles à prévoir. Un écran en temps réel créerait un flux fixe de données qui pourrait réduire des soins médicaux inutiles.

D'après ce rapport, de telles données représenteront 559 milliards de dollars (428 milliards d'euros) de recettes totales des services mobiles d'ici 2018. Les services de téléphonie vocale arriveraient donc en seconde place pour la première fois, étant donné que le rapport estime les recettes de ce secteur à 547 milliards d'euros (419 milliards d'euros) d'ici la même période.

Le monde en développement récoltera les bénéfices de la connectivité

Ce rapport indique que cette augmentation de recettes provenant des données des opérateurs de téléphonie mobile est une tendance mondiale à la fois dans les marchés développés et émergents. En 2012, le Japon est devenu le premier pays où les recettes des données ont dépassé celles des appels vocaux, en grande partie à cause de la mise à disposition de réseaux mobiles à haut débit avancés et d'une plus grande adoption des derniers smartphones, tablettes et appareils connectés.

Cette année, les recettes provenant des données dépasseront celle des appels vocaux en Argentine. Le pays sud-américain atteindra donc cette étape importante avant les États-Unis et la Grande-Bretagne qui devraient y parvenir en 2014. Le Kenya connaîtra ce changement en 2016, alors que d'autres économies émergentes devraient suivre l'exemple, en raison du développement du haut débit mobile, indique ce rapport.

Ces conclusions laissent penser que la connectivité à haut débit aura des conséquences profondes sur les régions du monde en développement.

« Dans la lutte contre le paludisme, la tuberculose, le VIH et les conditions périnatales, une plus grande utilisation de la connectivité permettrait de sauver plus d’un million de vies en Afrique subsaharienne entre maintenant et 2017 », peut-on lire dans ce rapport.

La normalisation reste un problème

Des doutes subsistent cependant sur la proportion réelle d'appareils d'intercommunication, et non de nouveaux services isolés, présents dans la constitution de « villes connectées ».

Un cadre haut placé du secteur mobile a expliqué à EURACTIV que « les mises en pratique sont pour l'instant extrêmement fragmentées parce qu'il n'existe aucune méthode de normalisation claire. »

« Différents organismes de normalisation commencent à travailler sur les normes des villes intelligentes, mais ce travail en est à ces prémices, comme l'identification de cas d’utilisation et des besoins exacts pour l'interopérabilité », a déclaré Svetlana Grant, directrice des villes intelligentes du Connected Living Programme du GSMA.

En juillet 2012, la Commission européenne a annoncé un programme de partenariat d'innovation d'une valeur de 365 millions d'euros par an destiné à stimuler les technologies « intelligentes » dans les villes.

Quelque 365 millions d'euros ont été alloués au développement de technologies urbaines cette année.

Les projets sélectionnés pourraient inclure des bus urbains et silencieux qui utilisent la technologie numérique, la technologie satellite visant à améliorer le trafic routier, une application smartphone pour réserver des véhicules de location au biocarburant et des points de recharge rapides pour les voitures électriques.