L'Espagne en « désaccord » avec la décision de l'UE de suspendre l'aide aux Palestiniens

Le gouvernement espagnol a exprimé lundi son « malaise » et son « désaccord » suite à la décision de l'Union européenne, annoncée par la Commission européenne, de suspendre son aide aux Palestiniens après l'attaque du Hamas.

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L’Espagne a fait l’objet d’une polarisation politique extrême entre deux grands blocs : la gauche, avec le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) de Pedro Sánchez et le parti progressiste Sumar, et la droite, avec le PP et le parti d’extrême droite Vox, qui gouvernent ensemble dans plusieurs régions et conseils municipaux, même si ce n’est pas toujours en parfaite harmonie.

Le gouvernement de gauche espagnol a exprimé lundi (9 octobre) son « malaise » et son « désaccord » suite à la décision de l’Union européenne, annoncée par la Commission européenne, de suspendre son aide aux Palestiniens après l’attaque du Hamas, a-t-on appris auprès du ministère des Affaires étrangères.

Le chef de la diplomatie espagnole, le socialiste « José Manuel Albares a eu une conversation téléphonique avec le commissaire » européen Oliver Varhelyi, qui a annoncé cette décision, « pour lui faire part de son désaccord », a indiqué le ministère espagnol.

La suspension de l’aide européenne au développement « a causé un malaise au sein du gouvernement espagnol », a-t-il ajouté.

Le ministère a par ailleurs indiqué que M. Albares avait demandé au chef de la diplomatie européenne, son compatriote Josep Borrel, que cette suspension soit mise à l’ordre du jour de la réunion mardi (10 octobre) des ministres européens des Affaires étrangères qui n’ont pas été mis « au courant de cette décision » de la Commission.

« Le gouvernement espagnol regrette qu’une seule personne, dans un tweet, en solitaire, ait pris une décision qui n’est pas partagée », a ajouté le chef des députés socialistes, Patxi López, lors d’une conférence de presse.

Commissaire en charge du Voisinage et de l’Elargissement, le Hongrois Oliver Varhelyi a annoncé lundi que l’UE avait suspendu tous les paiements de son aide au développement en faveur des Palestiniens et décidé de réévaluer l’ensemble de ses programmes en cours.

« L’ampleur de la terreur et de la brutalité contre Israël et son peuple marque un tournant. Il n’est pas possible de faire comme si de rien n’était », a dit ce commissaire sur le réseau social X (ex-Twitter), pour justifier cette décision.

L’Union européenne (UE), l’un des plus importants soutiens financiers des Palestiniens, envisage de dépenser quelque 1,2 milliard d’euros entre 2021 et 2024 pour financer des projets, notamment dans l’éducation ou la santé.

Le gouvernement espagnol assure actuellement la présidence de l’UE.

Membre de l’exécutif de Pedro Sanchez, l’extrême gauche espagnole avait attaqué plus tôt violemment cette suspension de l’aide de l’UE, qualifiée de « honteuse ». Elle a refusé de condamner sans ambiguïté l’attaque du Hamas depuis samedi (7 octobre), provoquant une controverse dans le pays.

Ces positions on entraîné les critiques de l’opposition de droite. L’une des responsables du Parti Populaire (droite) au Parlement européen, Dolors Montserrat, a notamment accusé le gouvernement Sanchez d’être divisé face à une telle « barbarie » du Hamas.