L’Espagne répond à la menace d’expulsion de l’OTAN brandie par Trump
L’Espagne a réaffirmé son engagement envers l’OTAN, après les déclarations du président américain Donald Trump selon lesquelles le pays pourrait être expulsé de l’Alliance en raison de sa réticence à atteindre les objectifs fixés en matière de dépenses de défense.
MADRID — Sous la pression du président américain, les 32 membres de l’Alliance ont convenu en juin d’augmenter leurs dépenses de défense pour les porter à 5 % du PIB national au cours de la prochaine décennie (3,5 % pour les dépenses de défense stricte, et 1,5 % pour les dépenses connexes). Mais le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a d’emblée fait savoir que Madrid ne porterait ses dépenses qu’à 2,1 % de son PIB.
Le président américain avait critiqué l’Espagne lors d’une conférence de presse jeudi 9 octobre, la qualifiant de « retardataire » parmi les membres de l’OTAN. « Ils n’ont aucune excuse pour ne pas le faire, mais ce n’est pas grave. Franchement, vous devriez peut-être les exclure de l’OTAN », a-t-il déclaré aux journalistes.
Donald Trump doit savoir « que l’Espagne est l’un des alliés les plus sérieux et les plus fiables de l’OTAN », a réagi la ministre espagnole de la Défense Margarita Robles vendredi 10 octobre.
Elle a ensuite énuméré plusieurs des déploiements actuels de Madrid : quelque 3 000 soldats pour défendre le flanc est de l’Alliance, des déploiements de l’armée de l’air en Lituanie, ainsi que des déploiements maritimes.
L’Espagne reste le pays qui dépense le moins au sein de l’OTAN, avec des dépenses de défense représentant seulement 1,43 % du PIB l’année dernière. D’ici la fin de l’année, selon les estimations de l’OTAN, ce chiffre passera à 2 %.
Comme l’a assuré Pedro Sánchez aux alliés en juin : ce sera « 2,1 %, ni plus ni moins ». Selon lui, cela était suffisant pour atteindre les objectifs de capacité de l’OTAN. Madrid a ensuite affirmé avoir obtenu une concession du chef de l’OTAN, Mark Rutte, pour appliquer ce chiffre de manière flexible.
À Madrid, l’opposition s’est appuyée sur les propos de Donald Trump pour critiquer le Premier ministre socialiste.
Alberto Núñez Feijóo, chef du Partido Popular (PP), a déclaré que le problème ne venait pas de l’Espagne, mais de « Sánchez » lui même.
« Notre nation ne devrait pas avoir à payer pour sa frivolité et son irresponsabilité », a-t-il fustigé. « L’Espagne est un partenaire crédible, fier et engagé de l’OTAN. Et nous continuerons à l’être. »
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(asg)