Libération de passeurs : Bruxelles saisit la justice européenne face à la Hongrie
La Commission européenne a annoncé mercredi 7 mai avoir saisi la justice européenne contre la Hongrie à propos d'un décret prévoyant la remise en liberté de passeurs, nouveau rebondissement dans le bras de fer entre Viktor Orbán et Bruxelles.
La Commission européenne a annoncé mercredi 7 mai avoir saisi la justice européenne contre la Hongrie à propos d’un décret prévoyant la remise en liberté de passeurs, nouveau rebondissement dans le bras de fer entre Viktor Orbán et Bruxelles.
En avril 2023, le gouvernement du nationaliste hongrois avait adopté un décret permettant de relâcher des centaines de passeurs emprisonnés dans son pays en vue de leur expulsion.
Présentée comme une réponse à la surpopulation carcérale et un moyen de soulager le contribuable hongrois, cette mesure était également une façon de défier la politique migratoire de l’Union européenne.
Elle a été maintes fois dénoncée par l’exécutif européen, qui assure qu’aucune disposition n’est prévue pour surveiller l’application de la peine de détention des passeurs hors de la Hongrie. Et que cela revient donc à les relâcher dans la nature.
Selon les autorités hongroises, plus de 2 430 passeurs ont été libérés depuis le lancement de cette mesure.
Pour s’y opposer, Bruxelles a d’abord adressé une lettre de mise en demeure à la Hongrie. Avant de décider mercredi de saisir la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).
Sous l’égide de Viktor Orbán, la Hongrie a opté pour une ligne dure envers l’immigration illégale, une politique qui lui a déjà valu plusieurs condamnations de la justice de l’UE.
En juin 2024, Budapest avait ainsi été condamné à payer une amende record de 200 millions d’euros, ainsi qu’une astreinte d’un million d’euros par jour, pour non-respect du droit de l’UE en matière d’asile.
Plus généralement, Budapest est dans le collimateur de l’Union européenne pour des atteintes aux principes de l’État de droit.
L’UE gèle actuellement plusieurs milliards de fonds destinés à la Hongrie dans le cadre de différentes procédures, liées à des inquiétudes concernant les droits des personnes LGBT+, des demandeurs d’asile, ainsi que les conditions de passation de marchés publics et les conflits d’intérêts.